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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 22:34

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J'avais le Re-Machined, A Tribute to Deep Purple's Machine Head pour vous faire un article concis, efficace. Mais peut-être trop. A part dire que, dans les instrus, seuls les effets changent (on ne bricole pas un Deep Purple comme on bricole un Dylan, quoi), mêmes les breaks, les descentes de toms sont les mêmes. Et pourtant, c'est un putain d'album de covers. Parce qu'un album de covers, c'est quelque chose d'hyper particulier à faire (déjà une cover en elle-même, c'est tendu, mais l'album entier...). Il faut rester dans l'âme de l'album originel tout en projetant dessus ses propres délires. C'est ce que font très bien les Black Label Society, par exemple. Y'a le fond de Pictures of Home avec la forme "délire guitaristique et voix hyper spéciale que seule Zakk Wylde peut faire". 
Les deux morceaux que je n'ai pas traité ici, c'est Maybe I'm a Leo, de Glenn Hughes (et on sent la patate de Chad Smith derrière, quand même) et Never Before, de Kings of Chaos. Pourquoi ? Pour le manque de "personnalité" des morceaux. Pour le coup (et je sais que je me contredis), c'est totalement parallèle aux morceaux originaux.

Y'a aussi la version Santana de Smoke on the Water, avec le trip aux bongos et tout. Ca, c'est mortel. Le petit côté Mexicano qui tape bien, aussi. Les mecs de la prod, ont, je pense, pas dû mettre longtemps à trouver qui ferait celle-là. Et y'a celle de The Flaming Lips. Celle-là, par contre, est à vomir. Sérieux, les mecs. Vous avez le droit de faire du Deep Purple. Mais là. J'ai l'impression de plonger dans un trip sous drogues synthétiques. Caler un Deep Purple sur une boîte à rythme minimaliste, une voix hyper modifiée. Y'a que la basse qui est pas à jeter. L'intro aussi passe pas trop trop mal. Jusqu'à l'arrivée d'une "basse" qui vient te dire "Hé coco. On est sur un album de covers. Si on veut dénaturer le morceau, on a le droit, on est payé comme des porcs pour pondre un morceau de cinq minutes". Être quatre pour faire un truc que d'autres feraient mieux tout seul... Et sérieux, on est plus en 84 ! Vous diriez quoi si Eurythmics reprenaient un Pink Floyd ? Le solo reste sympa, quoiqu'un peu trop synthétique à mon goût. Ce genre de reprises à éviter de mettre dans un cover album qui reprend ce mythique Machine Head ! Par contre, y'a un truc que je comprends pas, c'est pourquoi mettre celle de Santana en premier et celle des Flaming Lips en sixième ? L'inverse, je vous l'accorde, n'était pas envisageable. Mais à la suite ?

J'ai aussi été affreusement déçu par la version Chickenfoot de Highway Star. Bordel, en live, en plus ! Y'avait moyen de faire quelque chose de bien bien puissant. Et en fait, non. Sérieux. J'voudrais entendre Gillan, j'aurais écouté l'original. Mais si ça se trouve, c'est vraiment Gillan qui chante sur le morceau. Et bon. Je lui crache pas dessus, mais Satriani, il est bon (monstrueux, même), mais on s'attend pas à ce qu'il dénature le morceau le plus efficace (les autres aussi le sont, mais celui-là est vraiment rock'n'roll à burne !). Surtout qu'il a été guitariste dans le Deep. La crédibilité, c'est pas ce qui lui manque, donc. Un peu d'audace aurait été la bienvenue.

La version de Lazy de Jimmy Barnes (avec Joe Bonamassa) est énorme. Par moments, j'ai l'impression d'entendre des échos de Dire Straits, c'est assez sympathique. La basse détonne bien, la rythmique est calée, pas de boîte à rythme, on est sûr de ça, vu comment c'est technique et naturel. Et cet orgue, putain. Ce regretté Jon Lord n'aurait pas craché dessus. C'est sympa, parce qu'on a l'impression d'entendre du Gillan quand il monte dans les aigus. Et une autre voix quand il chante normalement. C'est assez puissant. La petite gratte rythmique qui se rajoute ne s'entend pas dès le départ, mais ajoute vraiment quelque chose au morceau de départ. Le petit côté funky, appuyé par le groove de basse. Seul bémol, l'arrêt dans le groove final est trop brusque (peut-être une couille de Deezer).

Rien que le riff d'intro de Space Truckin' par Iron Maiden est faramineux. J'avais des doutes. Mais sérieux, c'te claque. J'ai l'impression d'entendre un vieux morceau de Killers, ce genre de morceau inédit que tu trouves que sur les best-of. C'te grosse basse de Steve Harris qui claque comme c'est même plus permis par les codes radiophonique. La voix de Dickinson, y'a pas grand chose à en dire, ça reste du Dickinson (et si j'peux me permettre, je les vois pas du tout au Hellfest. C'est du metal, certes, mais c'est bizarre. Y'avait les Guns, d'accord). Manque juste le petit solo de batterie de MacBrain pour que ça soit parfait (si on oublie le délire de la fin, bien sûr).

Et enfin, finir en apothéose, When a Blind Man Cries, par Metallica. La voix de James m'a bluffé. Putain, sérieux. J'm'attendais pas à ça. Il a la hauteur et la tessiture de voix pour chanter cette chanson. Un peu à la Turn the Page. Le solo de M.Hammett. Comme d'hab, ficelé comme c'est pas permis, un truc juste magnifique. J'suis sûr qu'on pourrait faire jouer du Era à Hammett, il nous collerait au plafond. La basse nous offre quelques beaux grooves (beaux et bons, en plus de ça). Le jeu de batterie tout en retenue de Lars est aussi impressionant que sa capacité à caler les pêches là où il faut. Je pourrais même dire que c'est une science. Mais bon. Je m'arrêterai à un feeling. Et tu t'attends pas, mais alors pas du tout à ce qu'ils partent en son saturé Metalliquesque. La même structure que Turn the Page, ouais. Putain, je suis bon. Je me jette pas des fleurs, mais je suis bon. Ca commence par des accords de quintes en son saturé. Et ça part. Pouf. Ca sent la Fender ce morceau. Je sais pas pourquoi, d'ailleurs...

Je me tâte. J'hésite entre un sept ou un huit sur dix. Pour les quarante ans de cet album mythique, l'affiche est plutôt alléchante. Une grosse déception pour le Highway Star des Chickenfoot, mais aussi terriblement déçu du massacre en règle par Flaming Lips. Mais ces deux bémols sont largement compensés par les sept autres morceaux. Je rajouterai donc un point pour la fin de When a Blind Man Cries. Oui, la fin vaut, en elle-même, un point (ce qui est énorme, je trouve aussi, mais que voulez-vous. On les avait dit morts et enterrés après le fiasco de Lulu, avec Lou Reed. Ils nous prouvent que non). Note finale : 8/10.

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