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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 16:50

Cover The Arrs650


La religion. Cette arme de destruction massive vitale pour la survie d'une partie du globe. Sans religion, ils ne sont rien. La religion, cette arme de destruction massive dont The ARRS sont les principaux actionnaires. Presque tous leurs textes sont tournés sur ce doute de la religion, cette religion malsaine et violente. Ce ne sont pas des textes anti-religieux, primaires et violents, mais des textes travaillés pour faire ressortir ce conflit entre la foi, la vraie, et la folie de cette religion qui s'est tout permis pendant des siècles. Du moins je le comprends comme ça. 

Cette album est un bâton de dynamite dans un bénitier, donc. Tant par la force de ses textes que par la force de la musique. Ce metal hardcore parisien si caractérisque. Ils nous avaient habitués à des choses terriblement directs et nettes. Ici, la musique se fait plus vicieuse, (presque) moins brutale. Comme ce riff d'intro sur 1781. Lors de ma première écoute, c'est vraiment LE riff qui a retenu mon attention. Une guitare clean, assez rapide, mélodique. Le texte, chose ô combien efficace, mêle ce qui semble être une histoire d'amour et la violence de la domination. Les références sexuelles, chez le combo HxC parisien est aussi un thème à ne pas oublier. "A la vie, à la mort, le plaisir de jouer de son corps. A la vie, à la mort, le plaisir de jouir sur son corps". Toujours cette ambiguité des mots, cette recherche d'homophonie quasiment parfaite. 

Une recherche de beauté dans la violence. Une recherche de beauté par la violence, serait peut-être plus exact. Cette recherche d'une mort, physique, morale ou spirituelle, est constante. Dans Amants Damnés "Achève notre histoire, celle des amants damnés. Ici c'est la fin, ici tout commence". Une certaine forme de renaissance dans la mort amoureuse, une recherche d'un autre paradis, une foi pour ce qui a disparu. Ce qui donne une nouvelle piste à la présence importante de la religion : la foi ne serait qu'un passe-droit pour aller vers un monde inconnu. Une sorte de passeport pour têtes-brûlées. 

Je tiens à m'arrêter sur Fahrenheit. Référence ô combien non masquée à Ray Bradbury et son Fahrenheit 451 "Les poètes et les livres brûlent, / ils se consumment dans un nuage de cendre. Il voile l'horizon, / Aveugle la raison, / Eclipse nos noms." Pamphlet politique, aussi, contre la société "inculte, insensisble aux écrits", critique de cette société Orwellienne, où la censure se fait part belle "Toute vérité est contrôlée / Jugés, vous jugerez. / Toute vérité est contrôlée". Petite erreur dans l'impression du livret "Les racines du mal" au lieu de "les pouvoirs de l'image". Mais bon, c'est pas bien grave, on va dire. J'ai vu pire, aussi. 

Le choix des titres aussi, relève d'une certaine puissance poétique. Décembre Acide. Peut-être le plus significatif et le plus énigmatique. Lorsque le groupe nous suggère l'Enfer sur Terre, il va jusqu'au bout de son idée. La mort, l'idée vraiment récurrente de cet album. "La corde à mon pied, la corde à la pierre / Passée par dessus bord".

Que je vous parle aussi du côté engagé/enragé du groupe. Plutôt en retrait de ce côté là, comparé aux autres groupes hardcorde parisien (comme L'Esprit du Clan ou Black Bomb A, 91 AllStars), le groupe se lâche. Le morceau le plus violent et virulent des albums de The ARRS. Morceaux choisis, de la piste Authentiques - Indignés : "J'emmerde tous ces fils de pute, dopés aux vices, violeurs de gosses déchus. J'emmerde ces putains d'intégristes, bâtards de Dieu, leurs vies, leurs sacrifices", mais encore "Putain d'insigne, putain d'emblème / J'emmerde le Jihad, les sectes et tous leurs adeptes. / Je hais les fafs, je hais les macs / L'avenir de l'homme et celui de la femme". Cette guitare de fin, comme un rappel à 1781


Cet album de The ARRS sonne comme le glas. Un rouleau-compresseur broyeur d'âmes, damnées ou non. La folie des hommes, sujet ô combien traité, mais ô combien renouvelé par nous, est au centre de cet album. La religion est un prétexte à la critique de l'Homme, car, il me semble, c'est la religion qui fait l'Homme, et non le contraire (vous remarquerez, au passage, le paradoxe). Ce n'est pas dit explicitement dans l'album, c'est juste une interprétation que je fais. Authentiques et Indignés, les cinq de l'Alien Right Respect Sect ont vraiment sorti un album quasi-parfait, et ce, malgré le changement de line-up. Pour moi, ce changement de line-up a apporté un nouveau souffle au groupe, plus tourné vers des mélodiques metal hardcore et plus seulement hardcore bourrin (pour les néophytes, écoutez les précédents albums, vous verrez bien). Des textes toujours aussi puissants, aussi engagés/enragés. "Quasi-parfait" reste quand même un bien grand mot. 97% parfait serait peut-être plus juste. Les trois pourcents ? Je m'attendais à une plus grande présence de chant clair, au vu du clip Mon Epitaphe (au passage très réussi, et qui résume très bien l'idée de religion qui sous-tend l'album. Et la disco du combo).

Un 18/20, pour moi, cet album étant sans doute la base d'un nouveau départ pour le groupe. Un petit coup de coeur aussi, pour le package de précommande : en plus d'avoir, comme il était stipulé au départ, le cd et un t-shirt, j'ai aussi eu la surprise d'y trouver un poster, un pin's, des autocollants et des flyers. Et aussi pour l'esthétisme de l'album. Simple, sans fioritures, tout comme le nouveau logo. 

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Published by Hannibal - dans Chroniques
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