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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 17:10

Avez-vous déjà eu la sensation d'être accro à quelque chose ? Genre au chocolat, à la musique (ce qui est mon cas), au nutella, à la bouffe grasse, sucrée, salée, sans viande animale, ou encore à la chasse, à la pêche, aux drogues, dures ou "douces", au tabac, à l'alcool ? Avez-vous déjà senti que vous alliez craquer, psychologiquement et physiquement, si vous n'arrêtiez pas tout de suite ?

Je vous dis ça car je crois l'avoir ressenti, ce trop-plein, cette overdose. Pas pour toutes ces choses sus-nomées, encore moins pour la musique (c'est simple, vivre sans me serait littéralement impossible), mais pour un mal bien plus actuel, les réseaux sociaux. J'ai ressenti, physiquement, le besoin de couper, provisoirement (je me connais, je ne pourrai pas faire sans) Facebook et Twitter, pour deux raisons diamétralement opposées.

J'ai décidé de couper, provisoirement donc, Facebook. Pas parce que c'est nul, que ça n'amène rien, que les gens y balancent des états d'âme à tout bout de champ, mais parce que je suis réellement devenu accro à cette merde, à cette chose qui te fait perdre tout sens des réalités. Voyez un peu : en tant qu'étudiant, j'ai 6 mois (répartis en deux fois 3 mois, très précisément 12 semaines) de cours par an. Une misère, vous vous l'accordez. Le reste du temps, ce sont des vacances. Le premier semestre se déroule, grosso modo, de mi-Septembre à mi-Décembre. Après les partiels de Décembre (ou Janvier), c'est, au minimum, deux semaines en plus de vacances que les élèves du primaire et du secondaire (ce qui fait un mois de vacances de Noël). 15 jours supplémentaires qui servent à l'administration à commencer à remplir les dossier de notes des étudiants, avec plus ou moins d'efficacité, et qui permettent aussi aux étudiants de s'inscrire au semestre suivant. Vient ensuite le semestre suivant, qui se base sur le même schéma, grosso modo. Un mois et demi de cours, une semaine de vacances, un mois et demi de cours, deux semaines de vacances/révisions, partiels. VACANCES (4 putain de longs mois à attendre que l'on t'appelle pour un boulot en intérim, ou, au mieux, un CDD de deux mois, payé au SMIC, mais faut bien que tu vives pendant l'année).

Pendant ces longs mois de vacances, que faire ? J'ai ma journée type : je me lève entre 9h30 et 9h45. Je bois mon thé et je mange un yaourt devant itélé, histoire de me tenir au courant de ce qui s'est passé pendant la nuit et durant la matinée. Ensuite, vers 10h20 (je ne regarde pas l'édito de Christophe Barbier, ou quand je le fais je soupire parce qu'il me gave), je monte dans ma chambre et j'allume mon ordi. Et, je vous le donne en mille, le premier onglet que j'ouvre quand je suis sur Internet, c'est, bien évidemment, Facebook. Pour me tenir au courant de ce qui se passe du côté de mes potes (ou d'autres gens que je n'ai jamais vu). Et j'attends. Que quelque chose se passe. J'actualise toutes les dix minutes environ, pour voir s'il n'y a pas quelque chose de (rayez la mention inutile) marrant/choquant/bien/trash/drôle/lolesque/désarmant/cynique à partager. Alors Facebook est allumé, constamment. Je ne suis pas toujours dessus, évidemment, mais l'onglet reste là, en haut à gauche, histoire que je puisse voir si l'un de mes amis (ou une connaissance) me contacte ou s'il se met à pleuvoir des notifications utiles (ce qui, admettez-le arrive super rarement quand même). Mais cela arrive rarement, je tiens à vous rassurer si vous vous posez la même question. Cependant, ce n'est pas ça qui m'a effrayé le plus. Ce qui m'a vraiment fait peur, c'est de voir à quel point j'étais accro à ces notifications et ces messages. C'est affolant de voir que tu n'existes plus que par les quelques notifications qui te sont adressées. C'est affolant de se rendre compte que tu commences à perdre patience quand les gens ne te répondent pas dans les dix minutes quand tu leur envoies un mail, et ce, surtout si la mention "Vu : 13h54" s'affiche au bas de la conversation, que tu n'as pas de réponse et qu'il est déjà 14h00. Faut pas abuser, j'ai bien du temps à perdre, mais pas à ce point. Il y a quelque chose de malsain à attendre, à ce point, une réponse. Les gens ont aussi une vie, bordel ! Laissez-les la vivre ! 

Oui, c'est certainement ça le pire. Vivre au travers de notifications inutiles et de messages de deux lignes et demies. Mais, au même moment, j'ai décidé de couper Twitter. Peut-être que là, je pourrai tenir plus longtemps, j'en sais trop rien. J'aimerais bien. En un an et deux mois, mon ratio, c'est 405 abonnés, 610 abonnements et 17 100 tweets. Autant dire qu'en un an, j'y ai passé des journées entières.

Là, le problème est totalement différent de celui de Facebook. Les interactions et les mentions, tout ça c'est bien beau, ça fait plaisir. Mais bon. C'est relativement limité. Les fameux 140 caractères ne sont pas vraiment à fustiger, parce qu'à la fin, on pense en 140 caractères. Le plus affolant, je crois, c'est la main-mise de certains sur ce réseau (les gens anonymes, qui se permettent de te prendre la tête parce qu'ils sont là depuis 2009 et qu'ils ont pas moins de 3000 abonnés. Chouette !) et leur prétention à croire qu'ils ont la science infuse et le verbe juste. Les gars, vous vous prenez pour quoi ? Pour des demi-dieux ? Laissez-moi rire. Planqués derrière votre écran, vous êtes comme moi, un amas de viande, de gras, d'os et de sang. C'est pas plus compliqué que ça. Twitter a cette capacité fulgurante de réduire à néant la moindre de tes idées si ce n'est pas ce qu'eux, ils pensent. De plus, Twitter c'est une marée d'infos, un flot ininterrompu de conneries, de tweets viables, des drôles, des minables, des plaisants. Bref, c'est comme Facebook, en beaucoup plus dense : 140 caractères, c'est pas beaucoup, alors t'ouvres beaucoup plus ta gueule. Twitter est donc beaucoup plus limité que Facebook : 140 caractères, noyés dans le flot ininterrompus des tweets de personnes "dignes d'intérêt" (les personnes à suivre), si tu n'es pas retweeté, tu n'as aucune visibilité, donc tu ne progresses pas et tu stagnes. C'est pour ça que la plupart des gens qui commencent Twitter sont vite désabusés : ils n'ont aucune visibilité, aucune reconnaissance. Twitter est une machine à fabriquer du narcissisme (lire, par ailleurs, et sur ce sujet, cet article très intéressant du Monde) : tu ne sais pas te vendre ? T'es que dalle. Mélangé au flot d'informations continu, et parfois contradictoires, Twitter se révèle être une mine d'or si tu veux devenir fou ou ne plus savoir où donner de la tête. 

Loin, donc, de tisser du lien entre les gens, Twitter est le lieu privilégié pour les prédicateurs en tout genre (les nazis, les fafs, les intégristes, les catholiques extrémistes), les désaxés (les exhibitionnistes, les pédophiles (si si)), les journalistes, et des gens lambda en manque de reconnaissance ou parce qu'ils trouvent en Twitter une utilité : se promouvoir, eux et leur "réseau".

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Published by Hannibal - dans Réflexion
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