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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 17:51



harakiri



Un album de Serj est toujours attendu. De un parce qu'il a été le chanteur de System of a Down, et que, System, ben c'est un peu une des références du metal (ou du nu-metal, si vous êtes vraiment puristes), parce qu'ils ont apporté ce côté oriental au metal que l'on retrouve aujourd'hui dans pas mal de groupes (Orphaned Land, par exemple, mais là, la situation est relativement différente) et surtout parce que c'est un groupe qui reste dans les mémoires (il suffit de voir leur tournée de 2011 où le public, peu importe le lieu du concert, reprenait les paroles du début à la fin). 

Après la séparation de SOAD en 2005-2006, on attendait beaucoup des side-projects qui étaient prévus (Scars on Broadway, Elect the Dead de ce même Serj et Achozen, groupe de rap du bassiste, Shavo Odadjian). Elect the Dead avait tenu ses promesses en nous envoyant dans la tête un gros son plus mature et plus soigné que celui de System. Le chant était plus facile à suivre, marquant le tournant de System pour se former celui de Imperfect Harmonies, les paroles toujours aussi soignées et aussi engagées. Il suffit d'entendre la claque sur Empty Walls (pure dénonciation de l'état de guerre dans lequel les américains se sont engouffrés, et notamment en Afghanistan et en Irak, dénonciation aussi, que la guerre est devenu quelque chose de tellement banal que même les enfants y prennent part) ou la puissance vocale sur Sky is Over (et qui, encore fois, dénonce cet état de guerre entre les peuples et les Etats).

L'album suivant, Imperfect Harmonies, sorti en 2010, était très attendu après le succès d'Elect the Dead et le sublime live qui allait avec, Elect the Dead Symphony. Et pourtant... Le succès fut bien relatif. La raison ? Un album peut-être trop sirupeux, trop "soupe" à mon goût. Trois quatre morceaux qui sortent du lot quand même, comme Wings of Summer, Gate 21 (ici en remix par Tom Morello, qui rajoute une putain de méga de patate au morceau d'origine) ou Yes, it's Genocide (chantée intégralement en Arménien). Un album relativement décevant (je suis peut-être un peu sévère, car Serj est un véritable artiste et sait se réinventer), donc, mais pas à jeter totalement. 

C'est comme ça qu'on en arrive au dernier album, Harakiri, sorti ce lundi 9 Juillet 2012. Un album qui passe bien, extrêmement bien, même. On y retrouve sur certains morceaux l'étrangeté des morceaux de System, comme sur Figure it Out. Serj nous étale toute la palette de ses talents, nous renvoyant sans cesse à ce qu'il a fait dans le passé, que ce soit du System, des références sonores à ces deux albums précédant. Ching Chime se place dans une veine orientale, qui toucherait presque du System, jouissive à souhait, qui nous transporte dans un autre univers, que l'on ne connaît pas forcément et qu'on désirerait connaître mieux (je ne parle pas de K-Pop ni de J-Music, mais vraiment de musique traditionnelle), qui rappelle même le jeu de gratte de Daron, parfois, un truc ciselé et complexe. Le morceau-titre est aussi un pur bijou, rappelant très fortement le morceau Empty Walls, que j'ai balancé plus haut. 

La voix se fait moins lyrique, les passages où il en envoie passent extrêmement bien. C'est sans doute ça la magie de Maître Tankian. Moduler ses chansons pour nous faire passer ce que lui ressent. Contrairement à d'autres groupes, cela ne se fait pas sentir et on vit la musique en instantané, presque en osmose avec Serj. Un truc de magique, en somme. 

Un album qui touche plus à Elect the Dead qu'à Imperfect Harmonies. Un album qui sonne plus rock que lyrique. La production au niveau vocal est parfaite, avec des choeurs féminins, rappelant fortement Wings of Summer, sans pour autant tomber dans un lyrisme accru, et tout en fournissant une pêche bien bien rock. Pourtant, certains morceaux, appuyés sur des ryhtmiques électroniques, comme sur Imperfect Harmonies, passent ici avec un franc succès. Il n'y a pas de lassitude. Occupied Tears est une des pistes de ce genre. Avec un petit interlude jazzy au milieu du morceau qui passe franchement bien (piano, basse, charley et chant). Deafening Silence se place aussi dans cette veine, pas lassant malgré les beats électros. 

Un album qui s'écoute bien, qui recèle de bijoux, un album de diversité musicale qui fait du bien aux tympans. Un 8/10. Il manque juste la petite folie qui faisait son premier album. Un album qui mélange les différentes facettes de ce génie auteur/compositeur, souvent capable du meilleur, très rarement (voire jamais) capable du pire. Il manque aussi parfois un peu de violence dans la musique, bien que celle-ci ne soit pas un standard, ça aurait fait du bien sur certains morceaux.

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Published by Hannibal - dans Chroniques
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