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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 19:10

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Deezer est mon ami, je le sais maintenant. Enfin, un ami. C'est un bien grand mot, mais quand même. J'aime bien la programmation "metal" du site, qui te fait passer de Sonata Arctica à Coheed and Cambria. 

Coheed and Cambria, c'est un groupe de post-rock. qui m'était totalement inconnu alors que l'album que je vais vous présenter est loin, mais très loin, d'être leur premier fait d'arme. En effet, leur premier album est sorti en 2002. Comment vous décrire leur musique ? Bonne question, tant de mots me viennent à l'esprit. C'est metal et ça ne l'est pas, c'est rock mais c'est plus technique. Ca varie, en fait. D'un côté, y'a des morceaux posés, limite planants, de l'autre, y'a les morceaux bien rock, bien couillus. 

Le premier morceau, The Hollow, commence au piano. Un truc tout calme, à la Mogwai (grosse influence post-rock, donc). Une voix de répondeur, puis une voix modifiée s'alternent, toujours sur ce piano post-rock à souhait. Avec les effets de guitare de la même trempe, on est pile-poil dans le sujet. Sans trop en faire, le groupe nous envoie la puissance brute du post-rock. 

Le second morceau, Key Entity Extraction I: Domino the Destitute, est la première partie d'une fresque s'étalant sur quatre pistes (23:17 minutes au total, sur un album qui en fait 39, c'est pas mal). Une guitare épique pour démarrer ce morceau. Un peu le trip "Ennio Morriconne" de Metallica, quoi. Une guitare solo vient se poser directement sur les délires vibratesque d'une autre guitare. Des choeurs "na na na na na na na na" se posent avant que ne démarre le chant. Peut-être la plus grosse claque que j'ai pris depuis que j'ai découvert Fair to Midland. Un truc post-metal, une voix limite power-metal. Une grosse rythmique à la Fair to Midland (avec de la double pédale et tout), une basse hyper bien produite, qui ressort instantanément, qui donne toute une profondeur au morceau. La voix, c'est vraiment un truc spécial. Il faut bien trois quatres écoutes pour vraiment se rendre compte de la force du chanteur. Un peu à la Gerard Way (My Chemical Romance), pendant la période The Black Parade. En fait, ce morceau est un renvoi à The Black Parade, en peut-être plus bourrin, mais tout aussi spécial. 

Le troisième morceau, The Afterman, est nettement plus calme. Une voix à la John Butler, je trouve. La musique aussi, en fait. Un truc un peu tribal, avec des violons, une partie de batterie qui ressemble à une boucle. Et ce morceau qui monte en intensité, qui te fait t'élever au-dessus de tout, jusqu'au gros break metal, avec l'apparition de guitares saturées. C'est juste excellent. Il y a toute une symphonie de couleurs, restituées par les instruments. Principalement des couleurs joyeuses, ce qui est assez rare pour un groupe de post-rock, genre plutôt tourné vers une musique intimiste et sombre.

Le quatrième morceau, Mothers Of Men, commence avec une guitare saturée hyper bien ciselée. La basse toujours aussi bien dessinée. L'effort de production est assez saisissant, aucun détail n'est laissé au hasard. On a toujours des coeurs par ci par là qui viennent imprimer à la chanson une autre profondeur. Une voix tantôt agressive, tantôt douce, presque post-hardcore, parfois (très rarement, mais les rares fois où il scream, ça m'y fait penser). Mention spéciale à la fin de ce morceau qui nous happe sans qu'on s'y attende.

Le cinquième morceau, Goodnight, Fair Lady, ne se distingue pas des autres. C'est sans doute ça, la force de ce groupe. Faire des morceaux qui sont totalement différents les uns des autres, mais qui se ressemblent quand même beaucoup (un peu comme Gojira, en fait, tu sais qu'il y a des différences, mais tu sais pas où, ni comment, c'est ça qui est assez fort). Les breaks et les guitares saturées renforcent un chant, je dirais pas faible, mais presque trop commun, parfois. 

Key Entity Extraction II: Holly Wood The Cracked. Une guitare d'intro légèrement Soadienne, un chant au voxcoder, un rythmique qui t'applatis littéralement. Un refrain presque Mansonnien. Un gros break avec un chant nettement plus aigu qu'à l'accoutumée. Un chant comme seul Serj sait le faire (délire schyzophénien entre la partie rationnelle du cerveau et celle complètement psychotique). Une fin limite dubstep, avec des effets par caisse de mille...

... qui font un enchaînement parfait au Key Entity Extraction III: Vic The Butcher. Une basse toujours aussi présente, malgré le magnifique bordel qu'est l'instrumentalisation de cette chanson, mais qui demande néanmoins un peu de concentration quand ça tape de partout. Des choeurs, encore une fois. On se croirait dans une version post-trip sous LSD d'Alice au Pays des Merveilles. Avec des trucs bizarres qui courent partout, qui font des bruits bizarres avec leurs cordes vocales. Une fin vraiment MCR, avec le petit côté punk 90's bien rebelles (oui, ça n'a pas grand chose à voir, je sais)

Et la dernière partie, Key Entity Extraction IV : Evagria the Faithful. Une voix plus R'n'B (mais le truc à la Jackson, et encore, très peu). Une grosse série de mises en place, carrées, parfaites, qui part directement sur un couplet gentillet mais qui envoie toujours autant. Les parties de guitares sont à la limite d'êtres aussi belles que celle de John Frusciante, aussi planantes et aussi puissantes. Les breaks de batterie font mal, efficaces et précis, sans en mettre partout tout le temps. 

Le dernier morceau, Subtraction, est plus électro, dès l'intro, en fait. C'est vraiment un morceau de fin d'album. Le style est totalement différent, beaucoup plus calme, nettement moins bourrin que les huit autres. Et pourtant, il est tout aussi efficace. Le morceau entre Hovering Machine, de Jil is Lucky et à la frontière du post-rock Mogwai. Une voix plus posée, plus grave, plus calme. 


Pour conclure, cet album est vraiment un ovni : on ne sait pas dans quelle catégorie le placer, on ne sait pas comment l'interpréter, on ne sait pas où il va mener (en écoutant le premier morceau, on ne se doute pas que le dernier sera plus calme que le reste de l'album. Parce qu'il faut pas se mentir, quand on a du Slayer, on sait que ce sera bourrin du début à la fin et, inversement, quand on écoute un Neil Young, on sait qu'on aura pas de grosse double pédale sur les morceaux). J'ai vu certains commentaires qui trouvaient cet album trop court. Moi aussi, à la première écoute, je suis resté sur ma faim. Mais, en allant fouiner (... sur Wikipédia, oui...), j'ai découvert que cet album est en deux parties. La deuxième sortira en Février 2013. Pour l'instant, je mets un 17/20 à cet album. Il est efficace, frais, innovant, assez bourrin pour s'en prendre plein les oreilles, et assez tranquille pour apprécier tous les instruments à leur juste valeur. Je conseille, encore une fois, une écoute au casque (ou aux écouteurs) qui vous fera prendre conscience de toute la profondeur et de toutes les subtilités des morceaux.

 

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Published by Hannibal - dans Chroniques
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