Vous vous rendez compte de ce qu'il se passe dehors ? Non mais allô quoi.
La folie. Cette chose que nous avons tous en nous, tapie quelque part, attendant l'heure, attendant l'horreur.
La folie, comme une amie. Infatigable créatrice de cauchemars.
Des kilomètres et des kilomètres de gouffres sans fond. Des centaines d'heures passées à errer, à chercher désespérement un échappatoire, une lumière dans le noir. Des heures au bord du vide, à se poser la même question. Lancinante et dévorante, tranchante et impitoyable. L'attente. Des mois et des mois. Rien à faire, impossible à faire fuir. En plus d'elle, est arrivé mon ami Spleen. Celui qui vous fait croire à une dépression. Et qui commence à s'attaquer à votre corps, vous ronge de l'intérieur.
Des heures à regarder cette même photo, ces mêmes lettres, ces mêmes messages, le regard hagard et les yeux embués de douleur.
Des heures à sombrer, à écouter les mêmes chansons de dépressif suicidaire. Des heures à s'imaginer comment ça se fait, pourquoi, comment. Des heures à devenir fou.
Les mois s'accumulent, deviennent années. La douleur s'en trouve diminuée, quoique toujours aussi présente, aussi intense. La capacité d'action s'est juste affaiblie. Elle attaque pendant les heures de faiblesse, lorsque je me tourne et me retourne dans mon lit, à chercher un sommeil qui ne veut pas venir. Lorsque je suis seul, une cigarette en main, attendant sur le quai. Francis avait raison "Elle a fait de ma vie des cocottes en papier", de celles qu'elle laisse voguer au fil de l'eau, jusqu'à ce que l'eau les affaiblisse, les noie complètement. Avoir l'impression de se noyer dans ses larmes, ça a quelque chose d'horrible. Chercher désespérement un filet d'air pour s'échapper de l'Enfer.
Regarder les gens qu'on aime partir et revenir, sans qu'on ne puisse les reconnaître, tellement leur mentalité a changé. Le temps qui passe est impitoyable.
Serj Tankian. Je devais au moins mettre ça, sinon ça n'aurait servi à rien. Et cette version... Frissons.