Vous vous rendez compte de ce qu'il se passe dehors ? Non mais allô quoi.
On marche, tous les deux, le long de la corde raide. Tu ne le sens pas, ce courant d’air glacial qui veut nous séparer ? A moins que ce ne soit toi qui le souffle, qui essaie de me repousser. Quel manque d’élégance. Tu m’avais habitué à pire. Mais soit. Le sais-tu ? J’ai cherché en vain des réponses à tes questions. J’ai tenté de te sauver, jamais tu n’as bougé. L’univers se tord, l’univers se plie, quelle ironie. Mais non. Tu n’as jamais été capable de comprendre l’ironie. Alors un peu plus ou un peu. Tu te désolidarises de moi, je te regarde chuter. Lentement. Tellement lentement que je vois les pores de ta peau se désagréger un à un, jusqu’à se mélanger à la poussière et au sang. Est-ce si important pour toi de rester en vie au regard des autres ? Tu ne veux pas décrocher, des fois ? Te laisser aller, arrêter cette mascarade ? J’oubliais, tu ne peux pas. Ta dope, ta came, le regard des autres. Tu ne vis que par eux, sans eux, tu n’es rien. Une ombre, un cadavre. Je détourne les yeux. Tu me supplies de jeter vers toi, une dernière fois, un regard. Je refuse et tu t’éteins définitivement.