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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 18:45

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J'aurai toujours un rictus quand j'entendrai les illuminés catholiques dire que le metal, c'est la musique du Diable, que c'est fait par Satan et que la disto pervertit les esprits. Ce concept me reste encore aujourd'hui étrange, alors que j'essaie de comprendre les mécanismes de la haine envers le metal. En dehors du black metal finlandais, j'entends. Parce que eux donnent raison aux cathos extrêmes et discréditent un peu le message principal du metal : on peut tous vivre dans une paix relative si l'on s'en donne la peine. Et si c'était ça, ce que la religion détestait, au fond, dans le metal ? Ce message d'espoir et ce message de paix ?

Et cependant, on voit fleurir, surtout aux États-Unis, des groupes de christiancore, qui, avec un metalcore ravageur, font passer des textes à fondement religieux. Mais attention, juste le fondement, la paix, l'amour de son prochain, le partage. Rien que le titre de cet album renvoie à cette idée "Sauve et Rétablis". Les fondements de la religion ! Aider son prochain pour qu'il se sente mieux. La base. Sans fioritures ni dénigrements.

Le génie d'August Burns Red tient en deux choses, principalement : leurs textes et le génie de composition. Et à partir de là, comment ne pas atteindre des sommets ? Leurs instrumentalisations sont aussi pure que leurs textes, les trouvailles se font par caisses, et c'est ça qui frappe. Tordre le cou au préjugé du "le metalleux, ça sait faire que gueuler, jouer fort et en disto maximale". Comme ils nous l'avaient montré dans leur précédent album, notamment avec Internal Cannon, avec sa partie flamencore et Jake qui joue de la cloche, Rescue and Restore nous prouve que la musicalité s'impose, petit à petit. Parce que les interludes musicales dans les morceaux se sont vite imposées comme marque de fabrique du groupe et ont pris plus d'importance dans ce dernier album, comme Treatment et son improbable, mais néanmoins magnifique, break de guitare acousitque, accompagné de violons et de contrebasses. Et Matt Greiner qui cartonne sa batterie avec une finesse, elle aussi, improbable. Improbable, aussi, l'idée de mettre le chant derrière les instruments dans ce morceau édifiant qu'est Creative Captivity, cette intro avec des sonorités chinoises est étrange, mais tout le reste se rajoute autour d'une manière naturelle. Ces petites sonorités étrangères à mes oreilles donnent un second souffle au morceau, comme cette fin avec une trompette qui me donne envie de me lever et de partir pour le Mexique. 


Les paroles, comme je l'ai dit, tiennent du génie, tant elles renvoient à des choses basiques et, au fond, tellement humaines, qu'on peut tous les ressentir, au moins une fois. Comme le break de Spirit Breaker. "My dearest love, I woke up tired today, even more so than yesterday. How that's possible, I don't even know, nor do I want to. It's hard to find the motivation when you are this drained. My body aches but I'm used to feeling this way. Seventeen down, seventeen to go. That's not so bad, right ? I think of home often, and of you even more. Yesterday I saw the sun shining. It appeared for a few minutes, just after two. For a moment I found myself smiling, as if those short rays of light were enough to get me by. Maybe that was enough. Thanks God. I needed that". Ou encore le magnifique "chorus" de Fault Line qui m'a collé des frissons lors de la première écoute "If I could do more, I promise you I would, but this is your time now". La seconde volée qui m'a laissé chaos, c'est tout le passage chanté sur ces guitares clean dans Beauty in Tragedy "Tomorrow, the air will be a little colder, but I'll be sure to breath for both of us. And the nights may be a little darker, but I'll be sure to carry the torch to warm the hearts. They're never gonna have to feel yours. I can hear your voice, I can't hear your voice. But that's okay, 'cause I can feel you in my heart". Toute l'émotion, dans la voix de Jake, qui s'engouffre en toi, il me semble impossible de résister quand il chante / parle (pour me défendre, j'ai très peu l'habitude de l'entendre chanter en voix claire, donc je ne sais pas comment ça rend).

Je note aussi l'apparition de choeurs typés hardcore, qui n'étaient pas là auparavant, comme dans Sincerity où, avec de simples "He will remain", on se prend un mur en pleine face. Ou encore celui, de Fault Line "Just don't call me your hero". Ou encore la dernière phrase de Echoes "The open road is what I need to breath freely. Free me". 



Un très très bon album, qui aurait cependant gagné en efficacité en ayant plus de choeurs hardcore et plus de passages où la violence diminue pour laisser place à des instrumentalisations plus calmes qui permettent de mieux apprécier chaque morceau où elles sont placées. Comme je l'ai dit, le génie d'August Burns Red tient en deux fondements, l'écriture qui renvoie à des sentiments simples et partagés, mais surtout, un sens de la composition hors du commun, un sens de la musique, aussi, qui leur permet de varier les influences de chaque morceau. En espérant que l'album de 2015 (oui, leurs albums sortent avec une régularité de deux années entre chaque) tiennent plus de cette pépite que des autres albums plus axés metal. Et évidemment géniaux. L'un des meilleurs albums de 2013, pour moi, qui offre une fraîcheur dans le monde du metal et place August Burns Red dans la cour des grands. Un (petit) 8/10, pour ma part.

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 18:05

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Serj Tankian est un fou, qui exécute toutes les idées qui lui passent par la tête. Sa carrière solo en est le reflet. Le premier album, Elect the Dead, était dans la continuité de ce qu'il avait fait avec SOAD, un album tourné vers le metal, avec une puissance et une frappe chirurgicale, qui ne laisse, encore aujourd'hui, pas indemne. Imperfect Harmonies prenait le vent contraire et partait vers un univers plus calme, plus tourné vers de l'électro, des sonorités qu'on n'aurait jamais pu imaginer sortir de la tête du chanteur de System. Était arrivé ensuite le magistral Harakiri, qui, sans revenir totalement à ce qu'avait été Elect the Dead, nous prouvait que Serj avait dilué sa musique électronique et si particulière d'Imperfect Harmonies. Serj est aussi un génie pour découvrir des artistes. C'est lui, par exemple, qui a fait singer sous son label Serjical Strike, le groupe Viza (qui, oui, se rapproche énormément de SOAD). ll prévoit de sortir un album de fusion-jazz pour le mois de Juillet, d'ailleurs.

Serj est donc un magicien, un génie fou, prêt à toutes les expériences tant qu'il peut apporter sa touche. Son dernier, et seul, méfait symphonique était de taille, avec la version symphonique d'Elect the Dead. Ici, il recrute l'orchestre de Vienne pour faire une symphonie en quatre actes sur la vie sous-marine, plus précisément des orques. Serj le dit lui-même, "l'orque est connu comme étant une baleine tueuse, cependant, il se rapproche plus d'un dauphin obscur, comme un symbole de la dichotomie humaine". En plus, donc, de faire un opéra sur les orques, Serj cherche à comprendre la dichotomie humaine. Il est vraiment partout.

Cet opéra en quatre actes, qui sont Victorius Orcinus, Oceanic Subterfuge, Delphinus Capensis et Lamentation of the Beached, nous plonge bel et bien dans la dichotomie. Et c'est d'ailleurs ce qui ressort de tout cet opéra. Des passages lumineux qui alternent avec des passages bien plus sombres, des passages joyeux qui ternissent pour laisser place à des moments de doute et d'angoisse. On retrouve bel et bien la séparation humaine, entre la joie et la tristesse, parfois tout est mêlé et on n'arrive pas très bien à faire la différence. Il y a aussi des moments de grandeurs, très courts, qui se caractérisent par des envolées de violon minimalistes mais très efficace. Le motif principal de Victorius Orcinus est sans doute le plus beau, celui qui s'infiltre dans ton être et s'échappe seulement quand tu es lessivé, vidé. Ce même motif qui revient souvent, mais de manière plus allégée dans le reste de cet album en quatre parties.

On retrouve aussi toute le génie de composition de Serj, notamment derrière le piano, où les envolées font écho à ce qu'il avait déjà créé dans sa carrière solo. Même si l'orchestre est important, c'est ce piano qui donne tout sa consistance et sa force à cette oeuvre. Ce piano qui aurait même tendance à envoyer l'orchestre au placard, par moments.

Cet opéra reflète aussi les aléas de la mer, on passe du calme à la tempête en un instant, on n'a évidemment pas le temps de s'y préparer, et c'est ça qui fait toute la force de cette pièce, on passe par toutes les émotions possibles sans y être préparé. Une leçon de vie, en somme.

Serj réussi donc un coup de maître, puisque, en partant d'un orque, en passant par les aléas des conditions météorlogiques de la mer, il arrive à définir musicalement l'Homme. Et là, on touche à quelque chose de plus grand que l'émotion par la musique. L'émotion devient musique. 

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 17:18

Lundi 17 Juin

- Début du bac 2013 avec la philosophie. C'est bien de (se) mettre une telle pression pour une matière que tu auras fait un an et à laquelle tu ne retoucheras plus (sauf si tu es maso et que tu décides de faire une licence de philo).

- Le PS est éliminé de la législative partielle de Villeneuve-Sur-Lot, devancé par l'UMP et le FN. Y'a pas à dire, Jérôme Cahuzac aura fait du bon boulot pour son parti.

- Booba a frappé un jeune qui aurait crié "Wesh zoulette". En plus du fait que cette insulte pourrait laisser de marbre la plupart des gens sur cette planète, les clashs de diva du rap, ça devient gonflant.

- Poutine accusé d'avoir volé une bague à 25.000 dollars. Faut dire aussi que Lioudmila n'a rien fait pour cacher ses bijoux...

- Stéphane Richard maintenu à la tête d'Orange. Comme Christine Lagarde, il rejoint le palmarès du "je suis mis en examen, mais on me laisse à ma place parce que, soit je suis bon, soit j'ai un paquet de blé et qu'ils vont pas refaire des élections maintenant".

- Selon Merkel, la répression en Turquie est trop dure. Qu'elle s'occupe du chaos qu'elle a organisé en Grèce. On parlera de la Turquie plus tard. 

- Un Britannique de 20 ans a fait une chute de 15 étages lors d'un voyage en Nouvelle-Zélande. Combien de fois faudra-t-il répéter à Clark Kent qu'avec ses lunettes, il n'est pas Super Man ?

Mardi 18 Juin

- Épreuve d'histoire au bac. C'était tellement énorme de faire tomber les chapitres sur De Gaulle un 18 Juin que même moi, je n'y aurais pas pensé.

- Christine Lagarde a, dans une lettre, prêté allégeance à Nicolas Sarkozy, qui lui aurait dit "Si t'appelles ta copine Naffisatou et qu'elle s'arrange pour compromettre DSK, j'essaie de te faire nommer à sa place".

- Antoine de Caunes deviendra présentateur du Grand Journal à la rentrée. Tout le monde attend de voir José Garcia en miss météo.

- Cyril Hanouna critique le choix de Canal+ pour avoir choisi De Caunes, il aurait préféré "quelqu'un qui représente quelque chose pour les jeunes". La Princesse serait-elle jalouse ? Qu'elle se rassure, elle héritera du Trône du Grand Cabaret.

- Un élève de troisième frappe un professeur qui essayait de lui confisquer son portable. Bah ouais, mais attends, si on peut même plus tricher pour de la SVT, où va le monde ? Surtout que c'était même pas un cours d'éducation sexuelle, alors rien à foutre, quoi.

- Alerte blasphème : le sanctuaire de Lourdes sous les eaux. La Vierge, cette femme fontaine démystifiée.  

- François Hollande a été alerté le 15 Décembre du compte en Suisse de Jérôme Cahuzac. C'est ça, la présidence norrmale. Tu laisses ton autorité se perdre pour faire gagner le FN. Malin. 

Mercredi 19 Juin

- Kim Jong-Un aurait offert des exemplaires de Mein Kampf à des responsables communistes les enjoignant à s'en inspirer. Mouais, c'est sûr qu'Hitler avait plus de charisme que Kim Jong-Un. Moins gros, aussi. Et plus efficace.

- Cécile Duflot ne sera pas candidate à la mairie de Paris. C'est dommage, on aurait pu ouvrir des coffee shop dans les logements vides.

- Canal+ arrête sa Matinale. Au revoir Arianne et Léon. Bonjour, cryptage.

- "Pensez-vous que toute création littéraire soit, d'une certaine manière, une réécriture ?" bac de Français en 1ere L. J'ai eu quasiment le même sujet il y a trois ans. Paye ton originalité, toi.

- Une imprimante 3D pour les particuliers à moins de 300€. Cool ! On va pouvoir faire des poupées gonflables plus vraies que matures nature.

- Katty Perry annonce son divorce par SMS. "Fuck you, fuck you, fuck you very very much". A savoir qui l'a dans le fion, maintenant...

- Jean-Marie Le Pen condamné à trois mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour avoir dit que l'occupation allemande n'avait pas été "particulièrement inhumaine" en France. C'est sûr que s'il a été jugé par une cour non-négationniste, aussi, comment vouliez-vous qu'il s'en sorte ?

Jeudi 20 Juin

- A peine entré en bourse, l'action FNAC perd 13,64%. Il paraît que Mark Zuckerberg serait intéressé par un rachat de l'enseigne.

- Un opposant au mariage pour tous prend deux mois de prison fermes. Oui, enfin là, on parle plus d'opposant, on parle d'anti-républicain notoire, quand même. La droite bobo crie à la police politique. Ouais, enfin bon, quand c'étaient des syndicalistes de gauche, c'était normal de les mettre en taule...

- Frigide Barjot et Basile de Koch viré de leur HLM. C'est moche de virer une cas sociale du seul logement décent qu'elle peut avoir, quand même.

- Cette même Frigide annonce "une répression politique grave". Mouais, mais je doute que François Hollande se soucie de savoir ce que tu fais de ton appart, Virginie.

- L'ancien interprète de Kadhafi accuse Sarkozy d'avoir bénéficié d'environ "20 millions de dollars" pour sa campagne de 2007. Après ça, qu'on ne vienne plus s'étonner que la France ait décidé d'aller casser la gueule du Guide.

- Neuf immigrés clandestins retrouvés dans un camion citerne. J'espère pour eux que c'était quelque chose qui ne puait pas. Passer clandestinement des douanes dans une citerne, faut que ça soit au moins respirable, quoi.

- Les heurts continuent au Brésil. En effet, construire des stades pour la Coupe du Monde qui ne resserviront plus après, je vois pas l'intérêt. Plutôt nourrir des chômeurs qui continueront à creuser les déficits. 

Vendredi 21 Juin

- Premier jour de l'été, qui commencera inévitablement par la fête de la musique. Qui veut voir du punk bedonnant sur le retour jouer un Smoke On the Water sur une pelle mal accordée ? 

- Des Femen tentent de se jeter sur Hollande au Bourget. Valérie leur aurait demandé de l'asticoter un peu pour qu'il soit un peu chaud le soir venu.

- Laurent Blanc à la tête du PSG. Il devrait avoir l'habitude de gérer des divas après son passage en équipe de France...

- Un garde du Mur des Lamentations tue un visiteur Juif, qu'il prenait pour un Palestinien. Tout ça parce que le mec a eu l'audace de crier "Allah Akbar". Un peu le "wesh zoulette" juif, quoi.

- L'ambassadeur Nord-Coréen affirme que la guerre entre son pays et les États-Unis pourra arriver à tout moment. Le plus tôt sera le mieux, parce que ça commence à faire beaucoup de gros, là...

- Deux membres du Ku Klux Klan voulaient tuer Obama au laser à rayon X, car ce dernier serait responsable des attentats de Boston. C'est vrai qu'un Noir à la tête des États-Unis pendant 8 ans, ça doit leur faire mal au fion...

- La Poste condamnée pour CDD abusifs. Par contre, les retards de courrier, le bordel au guichet, ça ça gêne personne, tout le monde ferme les yeux. Bonjour les priorités.

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 16:57

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Je n'avais jamais écouté les Deftones. Pour moi, c'était un groupe de nu-metal dans la même veine que Limp Bizkit ou KoRn. Quelque chose de difficilement écoutable, de mon point de vue. Parce que le nu-metal met en exergue un mélange de rap et de metal ce qui était faisable à une époque très précise, quand les deux genres étaient au sommet et avaient une grosse visibilité médiatique. J'étais tombé, à une époque, sur leur sublime reprise de Simple Man, qui m'avait laissé pantois. Et, par le plus grand des hasards, je suis tombé sur Koi No Yokan il y a une dizaine de jours.

Cette chronique sera relativement courte, l'album étant sorti en Novembre 2012, que je n'ai pas une grande connaissance de l'univers du groupe, et puisque vous l'avez, certainement pour la plupart déjà usé jusqu'à la corde. 

Il y a quand même une chose à noter, avant de commencer vraiment, c'est que, pour moi, chaque album des Deftones, malgré l'étiquette de nu-metal qu'on veut lui coller, ne se case pas dans un style particulier. Et pour cause, chaque musicien semble vouloir partir dans une direction particulière, et c'est certainement ce qui donne cette sonorité si particulière au groupe. Chino, sonne plus dans le rock alternatif (un peu comme Chester Bennington et Mike Shinoda), Stephen Carpenter essayant de mener le groupe dans un son plus metal. Deux polarités vraiment distinctives du son des Deftones, qui tirent le groupe dans une atmosphère qui n'avait jamais été matérialisée auparavant.

Cet album, est, avant tout, un exercice de style pour le groupe, je pense, qui doit durablement penser à son avenir sans Chi Cheng, tombé dans le coma suite à un accident en 2008. Le 13 Avril 2013, celui-ci décèdera. Il est aussi un exercice important pour Sergio Vega, qui enregistre son deuxième album, après Diamond Eyes, en 2010. L'apport de Vega, sur cet opus, est nettement plus important que sur l'album à la chouette, notamment sur Swerve City, ou le couplet prend quasiment tout son relief avec un simple son de basse. Le jeu de Franky Delgado se fait moins "platinisant", et plus axé sur les claviers et les arrangements électros, contrairement à ce qui a été fait sur les quelques morceaux des premiers albums que j'ai écouté. 

L'amplitude de voix de Chino Moreno est aussi un des points forts de cet album, autant mélancolique qu'enragé, il couvre toute une palette musicale qui s'éloigne fortement du nu-metal et qui nous permet, tout du moins à moi, de vraiment apprécier l'apport musical du groupe et des musiciens qui sont derrière, comme sur Poltergeist, ou, encore une fois, la basse de Vega est d'une force chirurgicale.

Je ne pouvais pas faire la chronique de cet album sans parler d'Entombed, ce magnifique morceau planant et limite orgasmique. Le tapping de Carpenter sur sa huit cordes est d'une efficacité sans pareille et fait de ce riff certainement le plus beau et le plus énigmatique de l'album. Le synthé vient se placer parfaitement au niveau de la basse et la complète presque. Une grosse caisse mise en exergue par une prod assez incroyable, un jeu de batterie tout en nuance, avec des hauteurs pondues au millimètre près. Du grand art. Presque aussi bon que Change, sur l'album White Pony. 

Un album magnifique, très loin du metal alternatif / nu-metal des premiers albums qui a, pour principale force, la présence de Sergio Vega qui compense le jeu de Chi Cheng, ce qui n'avait pas vraiment été prouvé sur Diamond Eyes. Ici, il prouve toute la puissance et toute l'amplitude de son jeu. Koi No Yokan avance une tracklist tantôt lumineuse et optimiste, tantôt sombre et mélancolique, qui colle parfaitement avec les gros tubes du groupe (ceux que je considère comme tels, évidemment). Koi No Yokan a aussi tourné la page de Chi Cheng, remplacé par un très efficace Sergio Vega qui ne se contente plus de suivre Carpenter et de faire des rythmiques basiques. Une grosse présence de la basse non-négligeable qui donne tous ses contours et ses reliefs à cet album.

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 16:07

Après la chronique consacré au puissant et magnifique EP qu'est Fondue Chinoise, partons à la rencontre de deux êtres singuliers, La Floche et Jéjé, respectivement batteur et guitariste de ce groupe exceptionnel qu'est La Bite et le Couteau, tranchants et couillus dans leur propos. C'est dans les plaines vertes et luxuriantes de Haute-Saône, non loin d'une usine Peugeot que s'est formé ce duo atypique.


La Floche, Jéjé, salut !


La Floche : Hello !

Jéjé : Salut !

Vous êtes membres de La Bite et Le Couteau. Qu'est-ce qui vous a poussé à faire ça ? C'est quoi le concept de ce groupe ?

La Floche : A la base, on avait un autre groupe, Rogan Josh. Jéjé était à la basse, moi j'étais chanteur et guitariste et il y avait un pote, Ben, à la batterie. Le groupe s'est terminé pour diverses raisons, principalement pour des raisons de disponibilités, mais aussi d'inspiration. Il n'y avait plus le même moteur qu'au début, on s'est donc arrêté naturellement. On s'est retrouvé, Jéjé et moi, comme deux beaux couillons. Sauf que Jéjé est revenu à son premier instrument, la guitare et moi, à mon premier amour, la batterie. C'est comme ça que La Bite et Le Couteau est né.

Jéjé : Vu qu'on s'est retrouvé comme deux cons et qu'on trouvait pas de bassiste, on est parti sur un duo guitare / batterie.
La Floche : En même temps si on ne trouvait pas de bassiste c'est parce qu'on en a jamais cherché.

Le nom du groupe est une référence à l'expression "Avec ma bite et mon couteau". Ça veut dire que vous avez vraiment le strict minimum ?

Jéjé : Il y a de ça, ouais.

La Floche : Ça correspond bien au fait qu'on soit toujours à l'arrache dans tout ce qu'on fait. Que ce soit avant de faire des concerts ou en dehors de la musique, en fait. Pour l'anecdote, avant de partir en concert avec Rogan, un ami qui gérait le local où on répétait devait nous prêter du matériel pour faire le concert le soir-même. On n'était pas du tout prêts, il nous a demandé ce qu'il nous fallait comme matériel, on ne savait pas, on était paumés. Il nous a dit "Putain les gars, vous partez avec la bite et le couteau". On a toujours gardé le concept en rigolant et quand on s'est retrouvé à deux on a choisi ça.

Jéjé : On ne connaissait pas l'expression, ça nous faisait bien marrer. C'est venu naturellement au moment de choisir le nom. J'aime bien le concept qu'il y a autour, à savoir, faire beaucoup avec peu de choses.

La Floche : Une question revient souvent en concert, quand les gens viennent discuter à la fin, à savoir "Qui de vous deux est la bite, qui de vous deux est le couteau ?". On ne répond jamais, ça dépend des concerts, ça dépend des erreurs qu'on peut faire sur scène, en fonction de nos têtes aussi. On dit souvent aussi que notre son est couillu et tranchant.

Justement, en parlant de son couillu et tranchant, quelles sont vos influences ?

La Floche : Heu... Christine Boutin.

Jéjé : Nadine Morano.

Elles font quoi comme musique ?

La Floche : Du rock chrétien (rires). Non, plus sérieusement, on écoute plein de choses. Essentiellement du rock, mais c'est très varié. On écoute autant du metal, du stoner, du doom, du sludge et du punk que du hip-hop, de l'électro-dub et de l'acoustic. S'il faut donner des noms, pour le punk, je pencherais vers Black Flag, Fugazi, les Pissed Jeans, aussi. C'est surtout l'éthique DIY [Do It Yourself] qui nous intéresse. C'est pas du "Disney punk" à la Green Day ou à la Offspring, même si on en écoutait étant ados, au collège. Après, on est passé au-delà. On écoute pas mal de sludge, de metal. Par exemple Kylesa, Mastodon... Black Sabbath et Led Zeppelin pour les classiques. Du grunge également, même si c'est un terme un peu trop dévié aujourd'hui, comme Nirvana, Dinosaur Jr., Mudhoney, Sonic Youth... Il y a énormément de choses.

Jéjé : Il y a aussi Kyuss, plein plein de trucs. Du hip-hop, comme les Beastie Boys, Public Enemy. Mais aussi du gros metal, comme Napalm Death. Si tu veux, il y a tellement de styles musicaux que ça serait dommage de rester bloqué dans tel ou tel style de musique comme certains groupes peuvent le faire. T'es d'accord, Floche ?

La Floche : Ouais, mais de toute façon, je t'écoutais pas (rires). Pour voir un peu plus largement ce qu'on écoute, on a un blog, Viol Auditif, où l'on recense tous les albums qu'on aime bien.

Donc, les gars, si on est là, c'est pour parler de votre EP intitulé Fondue Chinoise...

La Floche : Le titre c'est le choix de Jéjé. J'étais pas au courant (rires).

Qu'est-ce qui s'est passé pour que vous intituliez votre album comme ça ?

La Floche : C'est par rapport au corps féminin sur la pochette : on a importé aussi cette femme de Chine. On lui a mis un sac sur la tête...

Jéjé : Ouais, on ne voulait pas avoir de problèmes avec la police chinoise (rires). Non, on déconne, évidemment.

La Floche : Ça fait partie de toutes les choses bon marché qu'on importe depuis l'Empire du Milieu...

Jéjé : On a mis trois secondes pour choisir le titre. C'était débile.

La Floche : C'était une blague par rapport à un pote. En fait, c'est souvent ça les titres des chansons, c'est par rapport à des personnes qu'on rencontre dans des petits villages en France, qui nous invitent à boire de la gnôle avec eux. C'est atypique. Fondue Chinoise, c'était une blague entre nous, je ne pensais pas que ça serait le titre de l'EP, mais j'ai vu que Jéjé avait inscrit ça. J'ai pas eu mon mot à dire.

Votre titre MacDoom, est-ce que c'est une référence au Vincent du même nom ?

(Rires interloqués)

Jéjé : On l'a composé en une répète, juste avant l'enregistrement. La chanson est assez doom dans le tempo. On cherchait un titre qui colle et c'est le premier truc qui est venu.

La Floche : C'est un hommage, en fait.

Jéjé : Pour le titre, on s'est dit "Qu'est-ce qu'il y a avec doom comme jeu de mots ?", et on a pensé à Vincent MacDoom. Donc oui, pour répondre à ta question, il y a un peu de ça mais ça peut être aussi un menu, genre MacDo. On ne se casse pas le cul pour trouver des noms, la plupart du temps ça va vite.

La Floche : C'est pas pour critiquer ce genre de musique, d'ailleurs, on est fans, notamment les premiers Cathedral, Serpentine Path... Chaque morceau de l'EP est un hommage à un style différent. Pour Stari'beauf, on avait en tête un truc du genre Thee Oh Sees, et Buscail ressemble beaucoup à du Pneu [groupe de math-rock / noise français], certains nous diront que c'est du pompage (rires)...

Jéjé : … En beaucoup moins talentueux mais c'est un pompage, oui.

La Floche : Pilou, le riff du début aurait presque pu être du Tom Morello...

Jéjé : … Avec beaucoup moins de talent, on précise.

La Floche : La Bite et le Couteau, c'est l'histoire du rock avec beaucoup moins de talent.

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 16:05

La pochette de votre EP est violette. Est-ce un hommage à Deep Purple ?

Jéjé : Honnêtement, non.

La Floche : Pas du tout. Ou alors, tu nous l'apprends.

Jéjé : Plutôt les Cramps.

La Floche : Ouais, The Cramps, dans l'esprit un peu sombre, les teintes violette et rose de la pochette. Même la calligraphie du nom sur la pochette y fait référence. On pensait pas mal au Cramps, effectivement.


Sur votre Bandcamp, il est dit que vous avez enregistré les 24, 25 et 31 Décembre. Vous n'avez pas de vie, c'est ça ?


La Floche : Pas tellement non. Mais ça va mieux maintenant. En fait, Jéjé et moi, on vit ensemble, on étudie ensemble, on fait les soirées ensemble, on mange ensemble... On a quand même fait les repas de famille. D'ailleurs, on n'a pas marqué l'année sur le CD. C'est bien pour dans quelques années, quand les gens se demanderont en quelle année ça a été enregistré. Une connerie de plus ou une de moins, de toute façon.

En combien de temps avez-vous donc enregistré les quatre titres  ?

Jéjé : En une journée. Les 24, 25 et 31, c'est une connerie, tu t'en doutes. La veille, on devait faire un apéro qui a terminé en grosse soirée. On a enregistré en ayant dormi une heure grand maximum. Après l'enregistrement, on devait faire un concert. On s'est dit que ça serait mission impossible. Le mixage a été fait par Guillaume Renahy, dans son studio.

La Floche : On commençait les prises de batterie pour l'enregistrement à 10h, on est arrivé à 9h. J'ai fait deux heures de prises de batterie. On a enregistré la guitare l'après-midi.

Jéjé : Comme on n'a pas de chant, ça facilite les choses. On a bouclé l'album fin Décembre, il a été mixé très rapidement. On vient d'avoir les CD, d'ailleurs.

La Floche : Pour l'anecdote, j'ai même dû faire une prise guitare tellement Jéjé était fatigué. Pour en revenir à Guillaume, il bosse bien, il a déjà enregistré les deux CD de Rogan Josh. Il est intermittent du spectacle à La Laiterie [à Strasbourg]. C'est un ami de longue date que je connais depuis le collège, il sait ce qu'on veut, et comme on est sur la même longueur d'ondes niveau musical, ça a été efficace et rapide.

Une question pour toi Floche. T'es aussi batteur dans Membrane, comment ça se passe ?

La Floche : En fait, je ne fais plus partie de Membrane. C'était une très bonne expérience qui a duré cinq mois. C'était très compliqué au niveau emploi du temps, ça demandait beaucoup de boulot et beaucoup d'énergie. Niveau des disponibilités, c'était pas évident. Eux, ils ont une famille, une maison, moi je suis étudiant à Nancy, donc il fallait que je fasse les allers-retours à Vesoul presque tous les week-end. Il faut une sacrée force et un sacré jeu, il fallait que je gravisse un échelon monumental parce que c'est un groupe qui est rôdé depuis longtemps. C'était très intéressant et je ne regrette pas l'expérience, cependant. C'était très prenant. Je leur souhaite de trouver un autre batteur et que ça se passe bien. Je reprendrai des nouvelles à l'occasion.

Vous êtes toujours en bons termes, donc ?

La Floche : Totalement, oui. D'ailleurs, il n'y a jamais eu de mauvais termes en étant avec eux. Il n'y a jamais eu d'engueulades, ça s'est toujours très bien passé. Ce sont des gars géniaux.

Et toi, Jéjé, des projets parallèles ?

Jéjé : Je dois te dire que je ne m'attendais pas à cette question. Ouais, donc j'ai un album solo qui est sorti en Asie du Sud-Est. On va croire que j'ai un problème avec l'Asie. Non, sérieusement, y'a La Bite et Le Couteau qui me prend du temps. J'ai mis la basse de côté, je compose deux trois trucs à côté. Mais pour l'instant, ça reste La Bite et Le Couteau. Je suis peut-être trop asocial.

Une question un peu plus légère. Vous vous dites "anti-beaufs", mais vous faites poser une femme aux seins nus avec du scotch sur les tétons. N'est-ce pas les attirer pour mieux les repousser ?

Jéjé : Ta question est très intéressante.

La Floche : La fille, c'est elle qui s'est proposée, nous, on avait prévu une autre pochette. On était surpris, mais on l'assume et elle aussi, donc il n'y a pas de problèmes de ce côté-là. Franchement, on met une fille qui pose volontairement, qui a voulu se mettre du scotch noir sur les seins et un sac en toile de jute sur la tête, les gens ne vont pas crier au scandale ! Faut pas être irrité par ce qui fait bander. Seigneur...

Jéjé : Et encore, moi, j'ai plein de réactions de gars qui parlent plus du chat sur la pochette que la nana. Il faudrait se poser les vraies questions ! Et, oui, c'est mon chat sur la pochette. Le côté beauf, c'est plus les titres de chansons.

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 15:59

En fait, dans votre description de bandcamp, il y a marqué "anti-beaufs". Est-ce que c'est mieux les attirer pour mieux les repousser avec votre musique qui n'est pas du tout beauf ?

La Floche : Certainement, oui. La pochette, c'est purement de la provocation. L'esthétique collait bien à la musique, en plus.

Jéjé : Il n'y a pas tellement de signification, on a improvisé totalement. La veille, on a déliré sur ce concept, on a pris un appareil photo et c'était fait.

La Floche : Je pense que La Bite et Le Couteau, un corps de femme qui tient un couteau, tout est dit. C'est de la dérision, complètement.

Pourquoi avoir mis un cintre sur la batterie ?

Jéjé : Parce qu'il y avait un cintre dans mon armoire.

La Floche : Il a dit "Est-ce qu'on peut le mettre là ?". C'est encore moins significatif que la fille. On vient de Haute-Saône, il faut montrer les fantasmes du coin : une bouteille d'alcool, un corps de femme, un chat (rires). De toute façon, il n'y a pas de message profond et il n'y en aura jamais.

Comment feriez-vous pour vendre votre album, si vous deviez démarcher dans la rue ?

Jéjé : Il ne faudrait pas que j'oublie les CD dans la voiture, déjà. On les vend deux euros.

La Floche : Tout le monde nous dit que c'est dérisoire, mais en même temps, deux euros pour quatre titres et dix minutes, c'est largement suffisant, on rentre dans nos frais. On allait pas le vendre dix euros.

Jéjé : On commence à avoir quelques dates sympas de prévues pour vendre les CD, donc la rue, c'est plus trop envisageable. On essaye de jouer un peu partout, même dans des lieux incongrus, comme dans des fêtes de potes. Tant que l'ambiance est bonne et rock 'n roll, ça ne nous dérange pas. En fait, on a vu Pneu à Audincourt, Metz et Vesoul en concert, et leur démarche de jouer au milieu du public nous a séduit.

La Floche : Il y a de moins en moins de spontanéité dans le rock, aujourd'hui. On a l'impression qu'il faut le matériel le plus cher et le meilleur pour être considéré. Il faut déjà essayer, je crois, de faire beaucoup avec peu. Aujourd'hui, beaucoup de gens te considèrent comme nul si tu n'as pas de guitare Fender ou de cymbales Zildjian. Si tu as les sous pour, tant mieux, le son n'en est que meilleur. Faire beaucoup avec peu, c'est d'abord une question d'éthique, dans la musique comme ce qu'on fait dans la vie. Pour en revenir aux dates, on a des plans en Meuse, en Moselle, à la fête de la musique à Vesoul, dans le Jura. Des plans à concrétiser, quoi.

Une grosse tournée mondiale, en somme.

Jéjé, La Floche : Ouais, une grosse tournée mondiale dans l'Est de la France.

La Floche, Jéjé, merci de m'avoir accordé de votre temps !

La Floche, Jéjé : Merci à toi !

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 17:45

Je n'avais pas eu de mal à me décider, ce flux d'information commençait à me rendre malade, vous le savez, c'est pour cela que j'ai arrêté Twitter, je vous l'avais expliqué ici. Je n'en pouvais littéralement plus, de Twitter. Vous savez, c'est arrivé comme cette envie de vomir subite qui vous fait lever de n'importe quel endroit. 

J'en ai eu marre de me faire insulter par des petits sympathisants de partis politiques, de droite comme de gauche. J'en ai eu marre de me faire bouler parce que je disais aux gens, j'étais naïf à ce moment-là, "d'arrêter Twitter une soirée" si ça les gavait tant que ça, les primes de télé-réalité. J'en ai eu marre de me faire bloquer parce que je critiquais l'action du gouvernement, par des personnes qui critiquaient le gouvernement précédent, qui agissait quasiment pareil. J'en ai eu marre d'être pris de haut par des imbéciles qui se croient tout permis parce qu'ils ont "3 000 followers". C'est bien, monte une armée et va faire tomber des têtes. Ou reste derrière ton clavier à t'agiter pour les mêmes personnes qui liront tous tes tweets avec un intérêt complet, comme une pré-pubère de 12 ans ira à un concert des One Direction parce qu'elle pense sincèrement que c'est bien et que ce sont les meilleurs compositeurs / chanteurs / paroliers du monde. Peut-on lui en vouloir ? Non. Tu me diras que c'est parce qu'elles sont jeunes et naïves, qu'elles n'ont pas encore expérimenté "la vraie vie". Mais qui peut se targuer de l'avoir expérimenté, la "vraie vie" ? Nous, européens mondialisés, surconnectés, en paix, avec des minimas sociales et une démocratie comme système politique ? Est-ce ça, la "vraie vie" ? Celle d'un européen moyen qui finira par crever d'une crise cardiaque parce que ses artères sont bouchées par le cholestérol ? Celle d'un pro-vie, catholique de droite, qui se permet de venir fourrer son nez dans les affaires de la République, non pas en tant que Français, mais comme croyant ? Celle d'un étudiant de 19 ans qui est en pleine galère pour trouver du boulot pour pouvoir vivoter sans l'aide de ses parents ?

Coupez donc Twitter, regardez autour de vous. Arrêtez de vous indigner, s'il vous plaît, parce que deux personnes de même sexe peuvent se marier. Arrêtez de vous indigner parce que les plus riches quittent le pays, c'est comme ça depuis longtemps, on n'y changera rien. Arrêtez de vous indigner parce qu'un ministre a été capable, un jour, d'ouvrir un compte en Suisse. Arrêtez de croire qu'on peut être vraiment dans une "République irréprochable", c'est tout bonnement impensable. Que serait une démocratie sans des différences de niveaux ? Ou alors, d'accord, on met tout le monde sur un pied d'égalité. Mais je vous mets au défi de vivre une journée dans un monde qui n'est pas gouverné par des gens riches, par des puissants, par des lobbys. On tomberait tous. On n'est pas taillés pour la démocratie participative. Pas encore. C'est trop tôt. Un jour, peut-être, quand on aura appris ce qui est bien pour le peuple, et non pas pour une élite, qu'elle soit politique ou financière.

Twitter sert aussi grassement la complaisance de personnes en manque de reconnaissance. Plus t'as de followers, plus tu penses que ce que tu dis, c'est cool/intéressant/efficace. Souvent, c'est le cas. Dans d'autres cas, c'est juste pour avoir des "follow-back", qui deviennent inutiles si c'est juste pour avoir d'autres followers. Twitter, bien loin, à la base, d'être un repère d'égocentriques sûrs que leurs idées étaient les meilleures et qu'ils pouvaient se permettre d'aller jusqu'à cracher sur tes propres convictions, servait à échanger sur des sujets. Quand je vois que maintenant, des ados s'en servent pour se battre à coups de boys-band interposés, à coups de racisme ordinaire, je me dis qu'on va voir du mal à penser en plus de 140 caractères.

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 13:13

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Une question me hantait depuis que j'avais découvert Black Sabbath : pourquoi Ozzy, si dément, si sombre et si angoissant dans Black Sabbath faisait des morceaux soupes dans ses albums solos, notamment sur Blizzard of Ozz, le seul que j'ai acheté (malheureusement pour moi). Parce qu'il faut quand même se dire une chose, c'est qu'Ozzy est une machine de guerre avec Black Sabbath, mais un piètre barde en carrière solo. Comment expliquer ça ? Même moi, je n'en sais rien. Et ce n'est pas ce dernier opus qui va m'apporter la réponse. On aurait pu avoir des ébauches de réponse, comme avec le morceau Who's Fooling Who sur l'album solo de Iommi avec Ozzy au chant. Même là, le mystère restait entier, Ozzy étant, comme au début des années 70, une véritable bête (sens propre et figuré).

Parce qu'encore une fois, Ozzy Osbourne est impressionant, notamment dans ses tonalités de voix, qu'il est capable de moduler. Le plus fou reste qu'il ait encore quasiment la voix de ses vingt ans, même à soixante-quatre. Même Gillan n'avait pas réussi à récupérer cette touche si particulière qu'il avait dans les années 70 sur le dernier opus des Deep Purple, Now What ?!. C'est dire l'ampleur de la palette artistique d'Ozzy, de sa capacité à faire ressortir ses tripes. Rien que le morceau God Is Dead ? est le signe révélateur de la bonne forme des précurseurs du metal. On y retrouve tout, absolument tout : de la tonalité angoissante de la guitare de Tony Iommi au jeu de basse si technique et profondément efficace de Geezer Butler. J'avais du mal à me dire qu'il était possible de faire un album du Black Sabbath originel sans le batteur originel, Bill Ward, mais, preuve est de constater qu'il n'était pas foncièrement LE batteur absolu (contrairement à Geezer, par exemple), puisque Brad Wilk, batteur de Rage Against The Machine fait très bien le boulot. Cette caractéristique est particulièrement frappante sur le magnifique morceau Zeitgeist qui reprend l'ambiance de Planet Caravan, ses percussions, sa grosse basse bien planante, la guitare acoustique en plus (sur Planet Caravan, c'est certainement une électrique en clean), malheuresement sans la voix d'Ozzy amplifiée par une cabine Leslie, qui donnait l'effet tripant à la chanson. Brad fait le job, et n'en déplaise à Bill, c'est parfaitement la preuve qu'il n'était pas une pièce maîtresse de Sabbath. Peut-être que le furieux des RATM s'est tellement imprégné du jeu de Wilk que ça ne pouvait pas sonner autrement. En tout cas, les parties de batterie sont surprenantes de justesse et d'esprit. Là aussi, on se croirait revenu en 1970.

Avec un total de 8 pistes et de 53 minutes, on est à peu près dans les codes de Black Sabbath, la plupart des albums du groupe comprenant entre 8 et 10 morceaux, pour des durées quasiment similaires. Et c'est peut-être ça le plus fascinant : faire sonner originel cet album qui déboule après 30 ans de hiatus. Jamais je n'aurais pu imaginer un Ozzy en telle forme vocalement, un Tony Iommi aussi combatif, qui aura réussi à enregistrer un album avec un cancer et en affirmant qu'il lui restait pas mal de choses à faire avant de passer la guitare à gauche (au sens propre comme au figuré). 

Le rappel avec la cloche, à la fin de Dear Father laisse cependant présager que la boucle est bouclée et qu'il n'y a qu'à réécouter Black Sabbath pour avoir la suite logique de cet album. Et pourtant, je n'ai pas envie que Black Sabbath s'arrête définitivement après la tournée qui risque d'être monumentale. Et surtout, je n'ai pas envie qu'Ozzy Osbourne reprenne sa carrière solo.

Le plus de cet album, ce sont vraiment les trois pistes bonus, Methademic, Peace of Mind et Pariah, qui ont vraiment une force nouvelle, tout en sonnant, encore une fois, so 70's. Methademic et son angoissante guitare acoustique, renforcée par les prothèses en fer au bout des doigts de Iommi, étant donné le son si particulier, ça ne pas être du plastique. Déboule ensuite cette grosse rythmique soutenue qui nous chope à la gorge, le léger phaser sur la guitare du couplet qui accompagne la voix d'Ozzy rend l'effet encore plus efficace. Mais ce qui capte le plus notre attention, c'est ce basse-batterie supersonique à couper le souffle qui s'accorde tellement bien avec le reste sans que celui-ci ait à changer son tempo.
Peace of Mind sonne stoner, sans surprise cependant, puisque c'est un peu l'évolution logique du son de Black Sabbath, surtout au niveau de l'intro, qui plante dès le départ l'ambiance. L'ambiguïté du titre ne se remarque pas au premier abord, "I'm trying to find some peace of mind", qui peut, à l'écoute, se comprendre comme "paix de l'esprit" ou comme "morceau d'esprit, état mental".
Dernier morceau de l'album, Pariah arrive comme une claque. Comme Alice in Chains, l'une des meilleures idées du siècle. A la première écoute, ce morceau est monumental. Une intro en arpège typique de Iommi découle naturellement sur une grosse rythmique bien groovy. Sur le couplet, la basse domine vraiment tout, et ce, de manière naturelle. "You say that you can read my mind, be careful of what you might find. You think that you can be like me, see waht my eyes see but you are not a friend of mine". Le thème de la folie, toujours. Et ce riff qui groove, c'est juste faramineux.


Depuis le live Reunion, que j'ai écouté en 2010, je m'étais pris à rêver d'une folie : celle que ce Black Sabbath originel se reforme. C'est fait, même très bien fait. Je n'ai pas cité beaucoup de chansons de ce dernier album, et ce, pour une raison très simple : si vous êtes habitué à l'univers Sabbathesque, vous verrez que ces morceaux se passent largement de commentaires, puisqu'ils ont déjà été chroniqués pendant les années 70. L'arpège en triton de Iommi sur End of the Beginning nous renvoie au morceau Black Sabbath. Pour résumer, cet album est un condensé de 10 ans, où les meilleures idées sont extraites. Dire que c'est un best-of serait péjoratif, évidemment, puisque ce n'en est pas. Mais on a vraiment l'impression d'avoir laissé deux, grand maximum trois ans, à Iommi et Butler de composer cet album. Point positif : il n'y a quasiment aucun morceau plus mou, comme ils le faisaient par le passé, comme Changes sur le Vol.4. Il y a peut-être juste Loner qui est plus faible, et encore, au vu de l'ensemble, il ne l'est pas tellement. 

Un très bon album, donc, qui ne laisse pas ce goût d'inachevé qu'il peut y avoir sur les albums de groupe qui se reforment pour s'endormir sur un paquet de blé, parce que tout le monde le sait, l'ancien, ça fait vendre. Ici, il y a vraiment une reformation pour la musique, pour les fans, pour être ensemble. Cependant, un album qui se repose sur la notoriété de son line-up et la légende qui l'entoure, qui fait qu'il n'y a plus vraiment le dynamisme du Black Sabbath 70's comme cela a pu être sur le légendaire Paranoid. La seule faiblesse de cet album est sans doute là, et c'est dommage, les trois morceaux bonus apportent cette fraîcheur et cet élan qui manque sur l'album.

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 16:25

Lundi 10 Juin

- Le bac coûte 1,5 milliard d'euros. Permettre à des futurs chômeurs de commencer leur vie avec une dette pareille, c'est classe, je trouve.

- Rafael Nadal remporte sa 8e finale à Roland Garros. Va falloir lui dire qu'en France, on aime pas trop les beaux gosses riches qui réussissent (encore plus que les personnes de beauté moyenne qui réussissent).

- Le bogoss du tennis espagnol a rendu hommage à Nelson Mandela, pourtant encore vivant. On peut être doué au tennis et ne pas savoir suivre les infos.

- Le cabinet de Claude Guéant aurait touché des primes de 10 000 euros par mois en liquide entre 2002 et 2004. Pas de quoi ouvrir un compte en Suisse cependant. Petit joueur.

- Insulter l'émir du Kowweït a valu 11 ans de prison à une femme. Heureusement qu'en France, la démocratie nous permet de dire à peu près tout et n'importe quoi sur ceux qui gouvernent, parce que sinon, on ne saurait plus où les placer, les délinquants.

- Une jeune femme a eu le visage brûlé alors qu'elle allumait une cigarette. Bémol, sa passagère s'était recoiffée avec de la laque. Une femme qui fume au volant, c'est deux fois plus de chance de mourir. Tenez-vous le pour dit.

- Un fan de metal est décédé au Sonisphère d'un arrêt cardiaque. Mourir pendant Motörhead, c'est faire ouvertement un pied de nez au Paradis. Repose en paix, frère metalleux.

Mardi 11 Juin

- Des anti comparent le mariage pour tous au massacre d'Oradour-sur-Glane. Je vois pas pourquoi ça choque... C'est évident que cette loi a été imposé dans le recours au peuple. C'est bien beau de gueuler maintenant si vous aviez voté Hollande...

- Le Pape reconnaît l'existence d'un lobby gay au Vatican. Apparemment, le vin de messe, c'est pas inoffensif...

- Dissolution des JNR le 26 Juin. On fait un enterrement républicain, ou bien... ?

- Un professeur de maths a été suspendu pour avoir diffusé Saw à des élèves de 6e. Encore, il aurait été prof de SVT et aurait fait un cours d'introduction à la dissection. Mais là, prof de maths...

- Selon Bruxelles, la sidérurgie a un avenir en Europe. La sidérurgie ou juste l'empire Mittal ?

- 14 morts dans un double attentat à Damas. C'est étonnant qu'il reste encore des gens à Damas... Après deux ans de guerre...

- 148 femmes tuées par leur conjoint en 2012. Faux. La plupart l'ont été en tombant sur des meubles. Nuance. 

Mercredi 12 Juin

- Fermeture d'ERT, télévision publique Grecque. Ou quand une mauvaise décision du FMI fait passer la Grèce pour une dictature. L'effet papillon, les enfants.

- Le tabac va augmenter de 30 à 40 centimes en Juillet. Juste comme ça, est-ce qu'on touche aux cigares ?

- Stéphane Richard, PDG d'Orange, mis en garde à vue pour escroquerie en bande organisée. C'est sûr que 26€ pour un forfait d'une heure d'appels, sms illimités et 250Mo d'internet, c'est cher.

- Mick Jagger ne comprend pas pourquoi les Anglais détestaient tant Thatcher. L'élite qui cherche à se séparer de sa "fanbase" parce qu'elle ne rapporte pas assez.

- Lionel Messi soupçonné de fraude fiscale. Pour l'image, ça aurait été positif de faire des dons au sponsor du Barça, l'Unicef. Ah oui, non. Maintenant, c'est le Qatar. 

- Twitter va devoir donner les noms des twittos ayant utilisé le hashtag #UnBonJuif. Facile : @BiatchPoseyy, @Nigga4Ever, @DrDropDaBass, @FurryMakeover... Et tant d'autres.

- Virgin ferme ses 26 magasins. Je dis que pour sauver la musique, ça aurait été plus efficace d'interrompre les ondes radios... 

Jeudi 13 Juin

- Facebook va lancer les hashtags et les trending topics. Ouais. Que vivent les #dépression #MaMeufMeGave #JTMBB... #Vomi

- Percée du FN dans les intentions de vote aux municipales. Et maintenant, on autorise  le droit de vote aux étrangers. Ça lui fera les pieds à Voldemort Marine.

- Jamel compare Sarkozy à Joe Dalton. Sauf que Joe Dalton, lui, peut faire du stop et tenir une chose dans sa main EN MÊME TEMPS.

- Sarkozy affirme que "L'UMP c'est mort ! Copé a cassé le jouet". Nicolas, peux-tu vraiment reprocher à Jeff d'avoir malencontreusement écrasé le jouet que tu avais laissé traîner, et ce, déjà en très mauvais état ?

- Xavier Darcos a été intronisé à l'Académie Française. Ces ex-ministres qui ne savent plus où se caser... 

- Un rappeur tunisien envoyé en prison deux ans pour avoir critiqué la police. Fallait venir en France pour faire ça. Bon, après, t'aurais eu la droite sur le dos, mais c'est toujours plus positif que d'aller en taule.

- Le Nouvel Obs pose une question très intéressante : "Pourquoi la SNCF est-elle en grève ?" J'ai une ébauche de réponse, c'est sûrement parce qu'ils en ont marre que les usagers arrivent en retard à chaque fois.

Vendredi 14 Juin

- La BBC se demande quel parcours font des chats quand ils sont dehors. C'est cool, ça nous permet de voir que, même si les chats ne font pas que dormir, ils passent leur temps à chercher de la bouffe.

- Une femme voilée porte plainte après une agression par "des hommes au crâne rasé" à Argenteuil. Ouais, mais dans ce cas-là, si on doit choper tous les gens qui ont un crâne rasé, on a pas fini. "Monsieur Désir, vous faisiez quoi, jeudi 14 Juin, vers 10h30 ?"

- Premier vol d'essaie pour l'A350 d'Airbus. C'était vraiment la peine de faire un direct sur les chaînes d'info en continu pour voir un avion décoller ?

- Les États-Unis reconnaissent l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Mais par contre, quand vous parlez de napalm, là, y'a plus personne.

- Erdogan veut la fin des manifestations qui mettent à mal son autorité. Moi, je veux une copine, un boulot et une voiture. On n'a pas toujours ce qu'on veut, monsieur Erdogan.

- Henri Guaino est indigné qu'on puisse retenir le qualificatif "escroquerie en bande organisée" contre Bernard Tapie et le gouvernement Sarkozy. Bon. Apparemment, Sarkozy n'avait pas de problèmes de discours, il aurait dû virer Henri le Parano.

- Le rapport Moreau suggère de faire passer le nombre d'années de cotisation à 44 ans pour les retraites. Cool. Avec un peu de chance, je pourrai arrêter de bosser à 69 ans. Voir 68 si j'ai de la chance. Beaucoup de chance. 

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