Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 21:27

Il ferme les yeux plus intensément, chaque détail lui arrive. Il sent l’odeur de l’adrénaline de la foule, l’odeur de sa peur, de sa sueur, acide et envoûtante. Il entend la foule qui continue de scander sa litanie, il entend les pas qui s’intensifient, peu à peu. Il ouvre les yeux, voit le plus beau, le plus puissant coucher de Soleil de sa vie. Le Crépuscule, de son regard sombre, l’examine comme on examine une fosse pleine de cadavre. Avec horreur, mais fascination. Il étouffe. Il crie, respire. Puis se calme. Étrange, trop soudain, comme réaction. Le Chétif ne reconnaît plus son corps, ni son esprit. Son corps lui intime l’ordre de sauter dans le torrent. Son esprit, lui, plus pragmatique, lui dit de faire demi-tour. Qu’en courant, il échapperait sûrement à la foule en furie. Il se retourne. Des deux côtés du pont, la foule est là, à l’attendre. Impatiente. Lion guettant sa proie. Proie sur le point de la mort, lorsqu’elle sent l’odeur du fauve, et qu’elle sait, au fond d’elle-même, qu’elle ne pourra échapper à son destin. Cet homme est pareil, au dessus du torrent, là, à se demander que faire, comment faire, pour quoi faire. Son doute l’envahit. Envahir peu à peu ce qui reste de part consciente de son esprit.

Son inconscient est pleinement présent, maintenant. Il dialogue avec lui. Bizarrement, c’est sa Défunte, son inconscient. Il pleure de plus en plus, ne sachant que faire. Rejoindre la Défunte, symbole de mort ou le Chat, symbole de vie. Tout d’un coup, son esprit fonctionne au ralenti. Il a une idée de génie. S’il a une telle emprise sur la foule, il peut la manipuler, jouer avec, comme le chat avec la souris. Il jubile comme Hannibal Lecter lorsqu’il sortit d’asile pour aller manger de la cervelle. Il aime cette sensation, cette sensation d’emprise, de pouvoir, de toute-puissance. Il voit en dessous de lui la foule ardente comme un brasier qui enflamme un building à New-York. Il ressent son "Ça". Il sent qu’il aura la force pour hurler ses idées morbides. Il marchande avec la foule. Il leur demande, avant qu’il ne se sacrifie, si elle ne pourrait pas jeter l’un des siens dans le fleuve, pour lui prouver qu’il peut avoir confiance, qu’il ne sautera pas pour des gens mauvais. Alors, un mouvement de foule commence à se faire ressentir. Chaque personne se sent un peu plus mal à l’aise, pour tout dire. Elle se sent oppressée, à son tour. Tiens, l’oppresseur oppressé, comme c’est délicat, comme sensation. Sentir que le boomerang est revenu, a mal été intercepté et a fracturé une arcade. Il sent l’odeur de la peur parmi les Indésirables, maintenant. Oui, le sens des aiguilles s’est bien inversé, mais cela ne l’empêche pas moins d’être effrayé, et plus encore. La foule le fixe de ses innombrables yeux, maintenant. Il ferme les yeux, la seule paire qu’il possède, lui, et jubile intérieurement. Il sent sa victoire proche.

Presque sur l’instant, il voit trois énormes types, bâtis comme Mister T, tenir avec force un homme, aux alentours de trente-cinq ans. Cet homme ne semble plus rien attendre de la vie. Il semble juste désirer mourir. C’est peut-être pour ça qu’il se laisse faire tel une marionnette. Ce n’est pas possible autrement. Il serre son poing, tenant une rose rouge. Du sang, rouge, dégouline lentement sur sa main, puis sur son veston immaculé. Une seule rose. Le symbole de l’Amour. Le Chérif ne veut voir ça, mais une force l’y oblige. L’homme, habillé comme un Prince, qui semblait impuissant semble entendre une voix. Il se retourne, hurle, frappe les deux types qui lui tiennent les bras. Le troisième ne peut rien faire, il est immobilisé par la foule. L’Homme-Prince se sauve. Au fond de lui, le Chétif-Puissant a eu peur pour lui. Pourquoi ? Parce qu’il désirait voir des types mesurant un mètre quatre-vingts se faire jeter à l’eau. C’est peut-être ce qui va arriver, il l’espère. Il sait, maintenant, ce que cela fait d’être puissant, de pouvoir humilier ceux qui sont en bas. Il jubile de plus en plus.

Repost 0
Published by Hannibal
commenter cet article
17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 21:20

Un rire glacial sort de sa gorge.

Ce rire, qui résonne dans la vallée, sous le pont, où sont situées les milliers de personnes venues voir son final, sa dernière marche en avant, à le don de rajouter un peu plus à la peur du peuple. Un mégaphone traîne à ses côtés. Il l’arrache de la main de son propriétaire. Celui-ci a eu l’audace de pester. D’un coup, le Puissant-Chétif, sans se retourner, lui assène un coup de Docks au bon endroit. Ils murmurent une chose, simultanément. Petit-Puissant se rend compte qu’il n’a pas allumé le mégaphone. Il se met à dialoguer avec la foule. Il lui demande expressément de jeter les trois hommes dans le fleuve. De ne pas se soucier de ce qu’ils peuvent faire. S’ils l’aiment, ils le feront. Pour lui. Pour qu’il puisse partir tranquillement dans un au-delà plus paisible, sans la bêtise des frustrés de pouvoir, qui sont, pour la plupart, des patrons licenciés amassés au pied d’un pont, aux pieds d’un Homme, qui, il n’y a même pas une heure, n’était qu’un inconnu, peu sûr de lui, frêle, n’osant jamais répondre, de peur de représailles.

D’un coup, une femme. Une jolie femme, des cheveux longs, rouges comme le Soleil, symbole de vie, retenus par un bandeau noir, un jean trop large, un t-shirt "Alice in Chains", la première paire de chaussures qui passait. Elle a aussi une rose, coincée dans son bandeau. Petit-Puissant ne peut que faire le lien avec l’homme. Les deux armoires à glace rampent comme des valets de pique aux pieds de leur Dame. Elle saisit une planche, relativement épaisse, et commence à frapper les hommes au sol. Ceux-ci protestent avec véhémence, mais elle n’est pas d’humeur à supporter leurs jérémiades. Elle fracasse la planche sur le crâne d’un des hommes, qui meurt probablement sur le coup. Les deux autres se saisissent d’elle et lui assènent des coups de crosses et de batte de baseball. Elle chute lourdement. Ne voulant pas lui accorder de pitié, ils lui brisent les os un à un. Lentement. Elle meurt. Accalmie. Mais, d’un coup, une vingtaine de personne saute sur les deux hommes qui ont tués la femme rousse, et les immobilisent. Le Petit-Puissant se sent fort, maintenant. Puissant ne voit plus que la scène qui se déroule devant ses yeux, en contrebas. Les deux hommes finissent dans le fleuve. Ils se noient. C’est tout. Le Puissant se sent Très-Puissant. Mais l’homme au mégaphone, qui se trouve être le type à la crête qui fut le premier à le vouloir au fond du fleuve, saisit le Très-Puissant. Il l’assomme et le pousse du pied dans le fleuve.

Très-Puissant revient à son état de Puissant. Le Puissant redevient cette chose qu’était le Petit-Puissant. Puissant-Chétif. Puis redevient le ramassis de Chétif-Puissant. Qui lui même, en touchant l’eau, retrouve son état naturel de Chétif.

La boucle est bouclée, il a donc connu la jouissance de manipuler les foules. Nouvel Hitler de quinze petites minutes. Un bateau, majestueux, passe. Les pales magnifiques, argentées du Rosenrot broient le Chétif, qui n’est plus que tas de chair. La foule, voulant assouvir sa vengeance, jette le type à la crête dans le fleuve. Puis, une bagarre générale éclate. Aucun survivant. Le dernier ? Il a sauté du pont. Pour faire comme son idole.

Repost 0
16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 16:30

Ouais, j'suis comme ça, moi. J'vais faire un article sur Corey Taylor. Et avec des putains de reprises de tout plein de groupes que, obligé, vous connaissez. Et pour être franc, je ne connaissais aucune de ces reprises avant de vouloir faire cet article.

Avec Alice in Chains, sur Would? 




Cover de With or Without You, de U2.




Cover de Comfortably Numb, de Pink Floyd



Cover de It's So Easy, des Guns 'N Roses, avec Slash



Snuff (normal, sinon, j'me mettais une balle dans le pied)



La version SlipKnot, sinon, c'est pas cool. Je serai toujours aussi fasciné par le contraste entre l'expression vide de Mick Thomson et l'émotion qui émane du son de sa guitare. 




Et le morceau tout aussi magnifique qu'est Vermilion, Pt.2




Et enfin, la dernière des dernières, Zzyzx Road (cette route existe vraiment)

 


 
 
 
 
Repost 0
15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 16:30

Ce genre de morceau anthologique. Ce genre de morceau qui t'envoie méga loin. T'as même pas besoin de réfléchir, tu sais que c'est beau et que ça vient des tripes. 



Et tiens, tant qu'on y est, je mets la version album qui est toute aussi magnifique.  
 
 
Et une version de M. Phil Anselmo (ex-Pantera, DOWN), à Tel Aviv.




Et la version de Staind, toute aussi magnifique que les précédentes.

 
 
Repost 0
14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 16:35

Etant donné une absence prolongée pour cause de vendanges, je ressors des articles décongelés.

Aujourd'hui, c'est Stoner Rock. Mudweiser, c'est le side-project de Reuno (Lofofora). Groupe de stoner rock (donc complètement à l'inverse de Lofo). Le stoner, c'est quoi ? Une musique de routiers moustachus et gras du bide. Ouais, un peu comme du Motörhead (avec les mêmes chapeaux et tout). 



Karma to Burn. Je pouvais pas faire un article sur le stoner sans parler des Karma. Mais avec eux, le seul truc qui est stressant, c'est que tu peux pas retrouver les musiques instinctivement. Pas de paroles et pas de titre.

 
Et un petit coup de Melvins, quand même. Pour faire bien.

 

 

 
Repost 0
13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 17:00

On a toujours (du moins depuis 2005 ou 2006) répété aux enfants que "Manger trop gras, trop sucré, trop salé", ben c'est pas bon pour la santé. On leur a aussi dit que voler à l'étalage, c'est pas cool. Mais ce qu'on ne sait pas, c'est que des enfants sont passés à tabac pour avoir volé à l'étalage. Oui. C'est vrai. C'est triste, mais y'a des cons partout. Y compris moi pour faire un article cynique sur cette sordide affaire. Un enfant de douze ans passé à tabac, déjà c'est pas cool. Mais en plus, ça coûte de plus en plus cher, le tabac. Et oui, il en a pris pour son grade. 

Non mais en plus. Déjà, passer un gosse à tabac, c'est moyen. En plus, pour un... Kinder Bueno. Prochaine idée brainstorming pour Kinder : "Mettre une photo de tous les enfants passés à tabac pour vol de leurs produits". Exit, donc, tous les enfants aryens, yeux bleus et cheveux blonds mignons, avec toutes leurs dents, des yeux pas gonflés par les coups et sans hématomes. Bonjour les édentés, les pirates, les boxeurs (ou presque). 

Mais là où ce gosse n'a pas été malin, c'est que, quand les vigiles lui ont demandé s'ils pouvaient avoir ces Kinder Bueno, le gosse, il a pas chercher à feinter. Genre "Oh mais attendez, j'ai des cookies, si vous voulez" ou encore "Mmmmh, ces meringues sont délicieuses, vous voulz goûter ?". Et bien sûr, aucun des deux vigiles n'a eu la vivacité d'esprit de placer un petit "On partage ?". Non, ç'aurait été trop facile. Et merde, quoi. On est pas chez la boulangère. Ici, c'est Toulouse, mon gars. "On te laisse le choix. Soit on te remet dans un bateau, soit on te marave la tête". Le pauvre enfant, il ne savait pas nager, apparemment. Et il pensait que le GIGN, Merah,... c'était une vaste fumisterie sensationnaliste de la télé (comme tout ce qui a la télé, je me permets de rétablir la vérité). Mais non, il a découvert (à ses frais... ben non, puisqu'il a rien payé). 

On devrait faire une loi Hadopi sur le vol à l'étalage, le "tu casses, tu payes" ou le "tu voles, tu rembourses", c'est trop commun. Non, mais comme à Guantanamo. Une des techniques de torture utilisée là-haut, c'est ce qu'on pourrait appeler "la rédemption par le hard-rock (ou toute musique faisant un maximum de bruit en un temps record)", et c'est véridique. Les gens étant torturé avec du... Metallica. Non mais sérieux, si vous vous vouliez vraiment obtenir des infos, faut leur faire écouter Lulu, avec Lou Reed. Là, ils vont comprendre leur douleur. Ou alors, envoyer du Rihanna à fond les ballons. Mais bon, je sais qu'on a dit "torture" et pas "mise à mort ordonnée". 


WEB_2011_kinder_logo.jpg

Bon, j'admets, c'est légèrement contradictoire et démagogique de ma part. Mais bon. 

Repost 0
12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 20:58

Sakura.

Au dessus d’un lac, sur le ponton du port.

On était là, heureux, ne se souciant pas de l’avenir, proche ou éloigné. Je te tenais dans mes bras, tu me regardais, tu souriais, on était deux, entourés d’un bonheur majestueux. Ce lac, s’éloignant à perte de vue, nous faisait frissonner. Pourquoi ? Il commençait à faire frais, le mois d’Août touchait à sa fin. Nous décidâmes de remonter dans le parc, un peu plus haut, pour admirer le ciel étoilé, voir la pluie d’étoiles filantes, la Lune rousse, me rappelant ton visage. Va savoir pourquoi. Peut-être sa beauté, que je suis seul à percevoir. Peut-être que je suis seul à être conscient que tu es aussi inaccessible qu’elle. Peut-être que bientôt, même, un de nous la rejoindra. Tu commençais à trembler. En bon gentleman, je te couvrais les épaules de ma veste. Oui, un état de bonheur pur. Seule ta chaleur, seule la chaleur de ton corps, pourtant assez faible me faisait me sentir heureux, à ce moment-là. On se rapprochait de plus en plus, comme un aimant attire le métal. On ne peut lutter, c’est une loi générale. Nos lèvres, pourtant pas de métal, se sont rapprochées aussi. Des minutes qui paraissaient durer des heures, des secondes s’écoulant au ralenti, le bonheur absolu. On s’étendit dans l’herbe, humide, mais tiède. Nous regardions les étoiles, lorsqu’une étoile filante est passée. En même temps, nous avons dit "Fais un vœu, et nous n’en serons que plus heureux". On riait, on ne s’arrêtait plus. Tu voulais passer la nuit à la belle étoile. J’ai cédé. Quand tu fus trop fatiguée pour continuer à courir comme une fillette de sept ans qui a son premier amoureux, tu es venue t’allonger, tu as posé la tête sur mes genoux, et j’ai commencé à te raconter des histoires, vraies ou fausses, peu t’importait. Tu aimais mes histoires, elles te faisaient partir dans un autre monde, plus beau, plus majestueux, plus pur.

Quand tu t’es endormie, j’ai délicatement posé ta tête sur la terre meuble, et j’ai sortit le paquet de cigarettes et le cierge que j’avais dans la poche. J’ai allumé le cierge avec un briquet, de même pour la cigarette. Lorsque le cierge fut allumé, je me suis senti vidé d’énergie, comme si celui-ci captait toute ma vivacité. Je décidais d’aller marcher un peu, pour me dégourdir les jambes, mais tout en restant à une distance respectable de ton frêle et magnifique corps, ne te tournant jamais le dos, de peur qu’il t’arrive quelque chose.

Le brouillard, comme un poison, s’insinuait entre nous. Je le trouvais beau, ce brouillard, moi. Je pense que tu ne regarderas plus la brume de la même façon maintenant. Parce qu’à ce moment là, une branche craqua dans les fourrés, je te quitte des yeux, fraction de seconde, macromolécule d’inconscience de ma part. Le brouillard, comme n’attendant que ça, en profita pour t’envelopper et t’emmener, loin de moi, loin de mes yeux. "Loin des yeux, loin du cœur"... Quelle bassesse. Pourquoi les gens inventent-ils des proverbes pour parler de choses si évidentes. Des phrases, des mots, purs, durs, bruts suffisent. Un autre bruit, plus proche, plus fort, me fait me retourner. Je ne pense qu’à ta survie, ma vie m’importe peu. Je t’aime tant.

Un liquide se déverse, lentement, à mes pieds. Je ne peux voir la source exacte. Une odeur d’essence me monte à la tête, je vois le cierge rouler. Je ne peux bouger. Alors, je vais donc mourir comme ça. Mourir d’un truc contre lequel tu t’es toujours battue. Tu m’avais dit, je le sais, je suis fautif, que mon obsession à vouloir allumer des cierges quand je me sentais bien ne me mènerait qu’à une mort certaine. Je ne t’ai pas écouté. J’attends la combustion, qui n’arrive pas. Le cierge, lui, arrive à mes pieds. Éteint. Je suis soulagé. Un choc, violent, me propulse au sol. J’avais oublié la cigarette que je tenais à la main, elle enflamme le cercle.

Into the Fire. Je souris. Lui aussi, c’était ton idole. Marylin Manson. C’est cette ironie, qui me fait sourire. Tu n’aimais pas ma manie des cierges, tu n’aimais pas que je fume. La dernière chose à laquelle je pense fut Marylin Manson, que je n’aimais pas. Mais toi, je t’aimais. Si tu savais comment ce fut dur de ce dire que je te laissais seule, au milieu du brouillard, tout en sachant que j’ai laissé les clés de la voiture et de la maison dans ma veste. Je tâte les poches. Ma veste est sur ton dos. J’aurais au moins fait quelque chose d’utile. Je t’aime. Je meurs. Cela ne dure pas longtemps. J’ai mis un pied dans l’essence, sans m’en rendre compte, je m’enflamme, véritable torche humaine. Je "pète le feu". Amère ironie, n’est-il pas ?

 

 

Au moment de la combustion, Sakura ,en sursaut, se réveilla.

Elle cherche son Warrior qu’elle aime partout, mais le brouillard semble l’avoir englouti, mâché, digéré. Elle décide donc de se relever, sentant encore les effluves de parfum qu’il portait, qu’elle lui avait offert pour la première année de leur rencontre. Elle repensa à cette date, se mit à faire rouler des larmes chaudes le long de ses joues. Savait-elle ? Non, bien sûr que non, mais savoir qu’il peut être parti n’importe où, au milieu du parc, du brouillard, de la nuit, rajoute un peu à sa peur. Elle sait bien qu’il ne l’aurait jamais laissé seule, dans un endroit inconnu. Il n’était pas ce genre d’homme, ce genre à user et à abuser de la confiance de petites princesses comme elle.

Il était bon, quoiqu’un peu naïf, pas méchant, pas stupide, loin de là. Ce qui l’avait fait craquer ? Sûrement son sourire, son rire, pas tellement son physique : elle ne voulait pas un apollon grec, juste un type banal, mais avec du plus dans la cervelle. Elle a aussi craquée pour toute sa gentillesse. Il avait juste une facilité à dire "oui" à toutes les personnes qui lui demandaient quelque chose. En particulier à elle. Il se serait jeté d’un pont, juste pour ses yeux verts, profonds, magnétiques, envoûtants. Il ne pouvait pas l’avoir abandonné comme ça, elle le savait, il s’était passé quelque chose. Il en était le centre.

Elle se mit à avancer dans le brouillard. Ou plutôt à errer sans directions précises. Chaque pas l’éloignant peu à peu du cercle de feu entourant d’amour son Warrior. Elle avance vers le bois, ne sachant pas ce qu’il l’attendait. Si seulement elle savait. Tout en marchant, elle se demandait pourquoi, certaines personnes se sentent mal à l’aise dans le brouillard. Elle y était bien, elle. Quoiqu’un peu froid et humide, en fait. Elle repense à tous ces films d’horreur, à ces scènes obscènes qui se déroulent dans la forêt, dans le brouillard. Un branche craque. Anodin. Pas pour elle. [...]

Repost 0
12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 20:50

[...] Même si elle joue la forte, la fière, au fond d’elle, elle n’est qu’une petite fille. Manque de confiance. Cela a failli la perdre. Quand elle a rencontré son Warrior, il était au bord du gouffre, ne cessant de ressasser les souvenirs de son ex. Une brune, relativement belle. Elle a réussi à partager ce peu de confiance, pour qu’il se sente mieux, pour qu’il ne sombre pas complètement. Et, petit à petit, un lien, plus puissant, plus fort que tout se créa entre eux, pour finir indestructible un soir, le 6 Janvier. L’année ? Elle a oubliée. Trop heureuse de vivre ça intensément. Lui aussi, d’ailleurs. Il ne voulait pas la perdre. Plusieurs fois, un gouffre s’est profilé, mais ils ont résisté, tant bien que mal. Elle pour lui, et réciproquement. Elle perdait peu à peu confiance, mais il était là pour elle, comme elle fut là pour lui. Mais maintenant, elle était seule, elle voulait son soutien.

Elle sortit de la forêt. Difficilement. Elle ne put se concentrer. Une image, battant ses tempes, ses yeux, son cœur. Persistante. Douloureuse. Brûlante. Elle court de plus en plus vite, trébuche dans une racine, s’ouvre l’arcade, perd du sang. Trop de sang. Son corps, si petit, si fragile, ne peut résister. Elle s’évanouit.

Quand elle se réveille, au point du jour, elle est au bord d’un cimetière militaire. Elle trouve ceci bizarre. Très bizarre. Elle reconnaît le lac, le ponton d’où ils ont regardé le lac. Tout d’un coup, elle retrouve sa veste. Il n’est pas dedans. Elle se souvient qu’il lui a donné, elle avait froid. Elle l’enfile, pleure de plus en plus, comprenant les signes du destin. Elle avance, descend jusqu’au ponton, elle ne le voit pas. Elle remonte, vers le cimetière.

Au milieu des tombes, une forme. Plus elle se rapproche, plus elle pleure. Plus elle pleure, plus elle reconnaît son Warrior. Plus elle reconnaît son Warrior, moins elle comprend clairement. Moins elle comprend ? Plus elle sombre.

Elle essaie de lutter. Mais plus on lutte, et plus on sombre. Elle hurle à s’en déchirer les cordes vocales. Lumière morbide, Soleil à travers les restes de brouillard meurtrier. Elle marche sur un petit cylindre, elle glisse, se réceptionne tant bien que mal, et se tord le doigt. Elle saisit l’objet, un cierge. Elle se dit qu’il est mort. Mort à cause de sa manie pour les cierges. Elle ne lui en veut pas, elle a aussi ses manies. Elle assemble les morceaux. Son cerveau est encore réactif pour quelqu’un qui vient de perdre l’amour de sa vie. Il est donc mort heureux, à cause de ce foutu cierge, mort pour elle, peut-être.

Elle n’a su le retenir, elle s’en veut, elle n’a su que penser à son bonheur, petit bonheur qu’elle rejette loin, très loin, tel un frisbee. Elle n’espère plus le revoir. Elle ne peut imaginer un bonheur parfait sans lui.

Elle court vers son Warrior, elle tombe à genoux. Elle se penche sur son visage, il sent l’essence. Ce n’était donc pas accidentel. Dans sa poche, un papier : "Sakura, il est difficile pour moi de te dire au revoir, mais sache que je t’aime. Tu m’aimes aussi, toi ? Je m’en veux de ne pas t’avoir écouté. Je suis parti, au milieu du feu, Into the Fire." A ces mots, elle pleure de plus en plus, s'effondre sur son Défunt, et pleure, jusqu'à n’en plus pouvoir, jusqu’à ce qu’elle se rendorme. Elle l’aimait, elle veut le rejoindre.

Il n’aimerait pas cette attitude de faible. Elle vivra, pour lui. Elle portera un deuil, lourd comme une pierre tombale, mais elle vivra. Elle essaiera de se reconstruire une ébauche de vie. Sans tomber dans la débauche.

Repost 0
11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 17:52

"Casse-toi riche con". C'est en ces termes qu'aurait pu s'exprimer Sarkozy si Bernard Arnault l'avait insulté lors d'une descente au Salon de l'Agriculture ou dans un endroit, je sais plus lequel, y'en a eu tellement, des endroits où il s'est fait insulter, aussi. Quelle idée d'aller se faire insulter pour un président de la République ? Mais est-ce que Monsieur Arnault est au courant que tout le monde a grillé sa tentative d'exil fiscal ? Il fait genre que non, mais ça ressemble à un monstrueux secret de polichinelle. Ou alors un monstrueux polichinelle secret. Mais c'est une autre histoire de savoir si vous avez peur de polichinelle. Michael Myers, je dis pas. 

Ca l'embête bien de payer ses impôts en France, le directeur (ou je sais pas quel poste) de LVMH. Bah ouais, il va se faire taxer à soixante-quinze pourcents. Et encore, il avait hésité. Il avait entendu dire, par des sources proches de l'UMP (donc peu fiables, en fait) que Flanby allait changer sa mesure phare qui a permis de le faire élire. Si. Soyons réalistes. Vous croyez vraiment qu'on l'a élu pour remplacer Sarkozy ? Va falloir arrêter, un jour. LES MEDIAS VOUS MENTENT ! Vous n'avez pas encore compris ça ? La presse est manipulée par la gauche. La télé est au main de l'Etat. 

Ce bon Bernard. Il a certainement dû se dire "Vazy, c'est des Belges, j'vais pouvoir les Bruger (ahaha) comme il faut, ça va aller vite. Et s'ils veulent pas, j'ai toujours les îles Caïmans qui m'attendent. La Suisse, ça craint. Fait froid, ils bouffent gras, les coucous font du bruit et les montres sont moches. Comme les nanas".

Et en plus, ça n'a rien à voir, mais je sais pas comment il a fait pour devenir quatrième fortune mondiale avec des sacs à imprimés aussi laids, quoi. Sérieux, à un moment, va falloir se calmer, sur les LV et les trucs comme ça. T'en mets un, ça va, mais là, t'as juste l'impression que Les Verts se sont collés sur ta maroquinerie. Et tu payes pas mille euros un sac en vison pour te faire sermoner que la fourrure c'est pas bien, que ça tue des petits animaux tous choupis qui ont rien faits. Qui attendaient juste de se faire bouffer par plus gros qu'eux, mais ça, c'est pour la bonne cause.  

Et sérieux, le mec, il vient chialer qu'on lui pique ses bons sous, mais y'aurait pas eu les qataris, ils seraient dedans, avec la crise et tout.



LVMH.jpg 

Non, sérieux, c'est moche. 

Repost 0
10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 18:42

Imagine la scène. T'es sur Facebook, tranquille. Et là, t'as une putain de bonnasse qui t'ajoutes (oui, l'utilisation de ce terme est relativement récurente, oui, je sais pas pourquoi, non). Tu commences par discuter avec elle, et tout. Grand amateur de films du samedi soir sur Canal, tu te dis que t'as déjà vu son visage quelque part (même si c'est pas au visage que tu te repères, 'fin bref), mais tu tiltes pas. Là, tu commences à la draguer bien comme il faut (un peu trop lourdement, même), jusqu'au jour où elle veut te rencontrer. Tu lui dis que t'es militaire, que tu peux pas, t'es en mission. Et là (comble du génie), la demoiselle souhaite voir où est ta base sur Google Map. Tu doutes un peu, mais soit. Tu lui files les coordonées GPS (bah ouais, quitte à être con, autant y aller franco). Et, dans les deux jours, tu peux être sûr que t'es attaqué par des talibans. Pourquoi ?

Parce que la nana que t'avais dragué, ben c'était en réalité un taliban (à moustache, peut-être pas, mais avec un turban, ça, c'est sûr), mais si tu sais. Les mecs qui hurlent "Allah Akbar". Non, pas "A la baraque". Ni "Allons au bar". Non. Juste "Dieu est grand". En même temps, on parle d'un mec qui a créée l'univers, là. Pas de Mimi Mathy ou Passe-Partout, donc oui. Dieu est Grand.

En même temps, on s'étonnerait presque de voir des mecs qui vivent dans les forêts, dans les déserts ou des maisons en terre avoir internet. Déjà qu'on sait pas s'ils ont l'eau (ça les arrange bien, leur turban, en fait. Pareil pour le dentifrice). Je parle même pas de l'électricité...

Mais sérieux, on nage en plein délire. Si on peut plus être tranquille sur nos réseaux sociaux occidentaux, où est-ce qu'on ira, la prochaine fois ?


images--4-.jpg 

Repost 0

Présentation

  • : My Way of Thinking
  • My Way of Thinking
  • : Vous vous rendez compte de ce qu'il se passe dehors ? Non mais allô quoi.
  • Contact