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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 18:36

The-Wall-CD1-Pink_Floyd__The_Wallfront.jpg


L'influence de Roger Waters atteint son point culminant sur cet album. Une sorte de mégalomanie funeste, un truc immense, de la démesure comme il semblait en vouloir. L'album, en lui-même (je ne parle pas du film, mais le topo est le même, les images en plus), est une fresque sur le sentiment d'impuissance de la victime indirecte de la guerre, un concept album. Pink, rockeur torturé, a perdu son père, qu'il n'a pas connu, pendant la seconde guerre mondiale. Rockeur mégalomane, fortement dirigiste, violent, finira bloqué dans son propre monde, cloisonné dans et par son Mur.

Un opéra rock, pas celui qui a fait le genre, mais celui qui l'a élevé au rang d'art (et ceci est éminemment subjectif, vous vous en rendez compte) à part entière. On sent une volonté du Floyd de faire bouger les choses, de choquer les mentalités (je pense au film, la scène des marteaux et sa critique du communisme, le mur fait avec des objets de consommation, la critique du nazisme (et du totalitarisme en général) au travers du personnage de Pink), de chercher à comprendre. Quoi ? Pourquoi les mentalités sont façonnées ainsi, qu'est-ce qui est fondamental à l'Homme pour qu'il se déchire sans raisons ?

En farfouillant un peu, en lisant des biographies, notamment de Waters, on s'aperçoit très vite que cet album est une autobiographie (mais peut-on parler d'autobiographie musicale ? Faute de terme adéquat, je pense que oui) de Roger lui-même. Il a perdu son père à la guerre, sensible et poète, il en souffrit à l'école. La tentation despotique arrive alors que le Floyd change d'identité (Syd Barrett remplacé par Gilmour, qui amène un tout autre concept de la musique du groupe, qui le rend "populaire"), Waters tente de garder la main sur son jouet, celui qui l'a aidé à s'extirper de sa vie de banlieusard Londonien.

Cet album est, à la fois une critique acerbe et violente d'une société de consommation qui n'en finit plus de grandir et de tout avaler sur son passage, mais aussi une critique de la guerre qui fait, en plus des victimes directes, des millions de victimes indirectes (ce qu'on a tendance à oublier, je pense), critique des régimes autoritaires et totalitaires (voire despotiques) qui amènent souvent des ségrégations sociétales et/ou raciales au sein d'un groupe auparavant uni.

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 18:34


















































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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 22:02

L'église était le lieu le plus propice dans lequel je pouvais me réfugier. En attendant que tout cela cesse. En attendant que la mort, au dehors, passe. J'ai remarqué que les symboles religieux les faisaient fuir. Que la vue d'une Bible les faisait hurler de douleur. Qu’ils détruisaient les croix sur leur passage. Ils auraient souhaité un monde sans religion, un monde sans Dieu. Un monde sans Bien. Juste le Mal, le Mal, partout. Tout le temps. Il semblait inutile de vouloir les faire plier, ils étaient trop fort, trop bien organisés. Le plus horrible a été de voir qu'ils pouvaient embrigader les humains, comme ça, en n’ayant rien à faire. Juste en disant qu'ils allaient débarrasser le monde de toute idée de religion et de bonté. Qu'à cela ne tienne, chacun son trip. Plus sérieusement, je me demandais comment survivre dans ce monde. J'aimerais aussi savoir pourquoi ils ont commencé par attaquer la Russie. En commençant par le Vatican, ils auraient été sûr de réussir leur coup.

Je m'appelle Katrien. J'ai vu mes parents se faire assassiner par ces créatures malsaines. Le sadisme semblait être leur arme de prédilection. Des choses horribles. Par chance, et je sais de quoi je parle, sincèrement, mes parents ont eu la tête tranchée. Je suis soulagé pour eux, je me dis qu'au moins, ils n'ont pas souffert. Pour vous donner une comparaison, Guantanamo, à côté, c'est un peu Disneyland. C'est toujours effrayant de voir mourir des gens. J'étais comme tous les jeunes, la mort ne m'effrayait pas, c'était banal, dans les films, les jeux vidéo, tout, quoi. Mais être confronté à la mort, la vraie. C'est totalement aberrant. Vous vous dites d'abord que non, ce n'est pas possible, que ça ne peut pas vous tomber dessus. Vous vous demandez ce que vous avez fait pour que le Seigneur vous en veuille autant. Et là, vous savez. Vous l'avez trop prié. Le Diable envoie donc ses messagers pour se venger et faire savoir, que, lui aussi, il existe, qu'il refuse d'être mis de côté plus longtemps. Qu'il refuse d'être considéré comme totalement négatif. Sans lui, le Bien n'existerait pas. Ça ne serait qu'un vaste concept philosophique, et encore. Peut-on imaginer le Bien sans penser le Mal ? Peut-on penser le Beau sans imaginer le Laid ? Non.

Le Diable avait donc sorti les morts de terre, levé une armée. On racontait cette légende depuis des siècles, tout le monde avait pris ça pour une vaste fumisterie. On aurait dû écouter ceux qui nous disaient que, transis de peur, plongés dans l'horreur, ils avaient vu le Diable, émaner de terre comme un arbre pousserait en vitesse accélérée. Leur était resté cette vision d'une chose. Pas le diable qu'on nous sort à toutes les sauces dans les bouquins pour enfants, avec des cornes et une queue pointue. Un crâne sur une sorte de corps brumeux, qui reflétait le spectre de l'arc-en-ciel. Et plus encore. Comment ? Personne ne le sait. Personne n'avait voulu croire en Son existence. Son attaque avait été minutieusement préparée. Pendant dix, vingt, quarante siècles, peut-être. Il a fallu que ça nous tombe dessus. En y réfléchissant bien, j'ai compris pourquoi la Russie comme centre de formation, comme caserne et comme point de départ. L'Est. La Sibérie. L'endroit le plus froid du monde, celui où très peu d'Hommes ont osé s'aventurer. Et ne sont jamais revenus, d'ailleurs. Peut-être les reverra-t-on bientôt. Mais sous quelle forme ? Telle était la question. Seraient-ils encore vivants ? Morts-vivants ? Morts ? Boule de gaz et d'énergie comme Le Diable ?

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 17:22

Lundi 18 Février

- "Un Papa, une grue". Nouveau slogan des pro-mariage pour tous ?

- Le PSG battu par Sochaux. @Beckham : "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. La prochaine fois, tu ramènes ton cul, hein".

- Une batte de cricket retrouvée pleine de sang chez Pistorius. "Ouais l'autre coup, y'a un raton qu'a essayé de rentrer dans la maison... 'Fin quand je dis raton, hein, vous savez ce que je veux dire, hein, raton-laveur, évidemment... Hum".

- Après les grues, les immolations reprennent de plus belle. C'est sûr, c'est plus vendeur qu'une grève de la faim. Stéphane Gatignon est arrivé au bon moment.

- Marc Dutroux restera au trou. La finesse de la justice belge.

- Les cardinaux seront interdits de tweets pendant le conclave. Putain, c'est con. A l'Assemblée Nationale, ils ont réussi à pouvoir continuer à pas en branler une le mercredi aprèm.

- Selon Sarkozy, Hollande est "nul" et est un "accident de l'Histoire". Pour compléter le courrier au broyeur. S'il croit qu'il va se faire réélire avec ça. 

Mardi 19 Février

- La SNCF lance ses TGV low-cost : une bonne excuse pour arriver vraiment en retard. Et sans prévenir. Et sans s'excuser.

- Nestlé touché à son tour par un scandale sanitaire. On a retrouvé du lapin dans le Nesquik ?

- "Hollande refuse la rigueur". Certes... Je résume : augmentation de la TVA, augmentation des taxes diverses et variées, augmentation du prix de la bière, augmentation du prix du tabac,... "La quenelle, c'est maintenant".

- Le mojito est le cocktail préféré des français. Cool. C'est pas comme si ça allait changer ma vie. 

- La mascotte du Heart Attack Grill meurt d'une crise cardiaque. Vous la sentez, l'ironie, là ?

- Un soldat Israélien poste une photo d'enfant Palestinien. A travers un viseur de sniper. Avec un filtre Instagram. C'est honteux d'utiliser Instagram.

- Des milliers d'éléphants braconnés en Afrique. Mais que fait Brigitte Bardot ? 

Mercredi 20 Février

- Le PDG du groupe Titan critique les ouvriers de PSA. C'est sûr que ses emplois chinois, ils doivent pas la sentir, la crise économique et le manque de travail. 

- Un Montpelliérain monte sur un aqueduc pour faire comme le papa de Nantes. Putain, les gars, NT1 avait déjà déposé les brevets pour des émissions de construction, quoi.

- Le Crédit Agricole qui perd 6 milliards d'euros. Tu te dis que leurs spots avec des acteurs hyper mauvais doivent être vraie.

- Qu'est-ce qui a plus de cervelle que Kurt Cobain ? Son plafond. Kurt Cobain aurait eu 46 ans aujpurd'hui.

- Réunion des Amis de Nicolas Sarkozy. Nadine Morano, Brice Hortefeux, Claude Guéant... On a les amis qu'on mérite, après tout.

- La consommation de viande de cheval en hausse en France... Wowowo, attendez. Vous me dites que ça augmente alors que tout le monde avait meuglé au scandale y'a dix jours ? Putain, les gars, quoi.

- Six étrangers enlevés dans le sud du Nigéria. Le père travaillait pour GDF Suez, ceci explique peut-être cela... Enfin je dis ça, hein...  

Jeudi 21 Février

- Les papas privés de droits de garde décident d'agir : en nous faisant redécouvrir l'architecture française. Après les grues, un aqueduc, voici venu le temps des cathédrales !

- Manuel Valls veut limiter la liberté d'expression sur Internet, parce que les paroles de rap donnent "une image dégradée de la place de la femme au sein de notre société" . Visiteurs, visiteuses, ceci est peut-être l'un de mes derniers articles. Profitez.

- "DSK = mi-homme mi-cochon", selon Iacub. Elle croit vraiment qu'elle nous apprend quelque chose ? En dehors du fait qu'il soit humain, évidemment.

- L'AIEA (Agence Internationale de l'Énergie Atomique) nous apprend que l'Iran aurait installé de nouvelles centrifugeuses. Mais laissez-les faire leur jus de fruits, enfin !

- Hollande lauréat d'un prix Unesco pour la Paix pendant la guerre au Mali. J'en déduis qu'il faut faire la guerre pour être considéré comme pacifiste ?

- Orange refuse de renouveler son contrat avec The Phone House. Ah, parce que ça existe encore, ça ? Parce qu'il y a encore des gens qui vont acheter leurs portables en dehors des magasins officiels ?

- Éric Raoult relaxé suite à des affaires de violences conjugales. C'est moche de faire du harcèlement physique à sa femme pour qu'elle cède et retire la plainte... Oh wait ! 

Vendredi 22 Février

- Oscar Pistorius libéré sous caution, soit une somme de 85 000€. Il aurait bien aimé dire que ça lui coûte un bras, mais bon...

- Prix du gaz en baisse de 0,3% en Mars. Après les immolations, on vient de trouver notre nouveau type de suicide, mesdames et messieurs.

- Triple infanticide d'une mère alcoolique. Ne cherchez pas à en faire un film, ça a déjà été fait et ça s'appelle Baby Blues

- Le PSG lance son nouveau logo. On oublie le berceau pour mettre une fleur de Lys. On passe du statut de "petit enfant du foot qui sait pas se servir de ses pieds" à celui de "On a le Parc des Princes, bientôt, on aura le Parc des Rois, ce qu'on est déjà un peu".

- Le Pape aurait démissioné sous la pression d'un lobby gay du Vatican. Peut-on envoyer Tom Hanks faire une enuête ?

- 75 000€ claqué par Pôle Emploi dans sa cérémonie de voeux. "Vous êtes en fin de droits ? Écoutez, on se fait notre soirée et on voit après pour votre problème, okay ? Vous pourriez nous dépanner d'une ou deux caisses de champagne ? Non ? Pourquoi ça ?"

- Une fillette de trois ans privée de cantine en Maine-et-Loire. Normal, elle avait qu'à avoir sa Mastercard sur elle. 

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Published by Hannibal - dans Revue de Presse
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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 18:28

Que Dany Boon soit l'acteur français le mieux payé de 2012 en dit long sur l'industrie du cinéma français. Loin de juger les qualités d'acteur et d'humoriste de Dany Boon, c'est surtout le fait que ses films passent plus ou moins inaperçus. Le dernier en date ? Un Plan Parfait, sorti l'année passée. J'en ai vaguement entendu parler, en bien ou en mal, je ne sais plus trop. Et juger un film sans l'avoir vu, juste pour son casting, et notamment parce qu'il y a Dany Boon, non très peu pour moi. Je préfère le voir. Le verrais-je ? Je n'en sais rien.

Depardieu nous avait fait des caisses et des caisses de mauvais cinéma de mauvais scénariste pour dire que les riches étaient brimés. Il a fait 1.3 millions d'euros de moins que Dany Boon (2.3 millions d'euros, quoi) avec deux films de plus. Mais bon, là encore, je ne vais pas juger. Je n'ai pas vu de film avec Depardieu depuis Tous les Matins du Monde, autant dire que ça m'avait laissé, quand même, un goût amer au fond des yeux.

Et peut-on vraiment parler de "renaissance" du cinéma français ? Parce que oui, c'est bien ça qu'on veut nous faire comprendre. On a aussi des gros paquets (de billets) en France. Et qu'on est capable de rivaliser avec les States en terme de qualité de films et de techniques de tournage (que des trucs que je ne maîtrise absolument pas, je vous dis). Même les américains nous envient notre cinéma national. Faire un remake de Bienvenue Chez les Ch'tis était prévu. Résultat ? On attend toujours, peut-être ne viendra-t-il jamais, ce résultat tant attendu, ce genre de film où un blanc, riche et catholique, va dans une banlieue périphérique (comprenez un ghetto où vivent des noirs, pauvres et athées ou alors polythéistes) et découvre que ses habitants ne sont pas si horribles que ça. Et le film devait faire un carton au box-office. Mais non. Seul le talent de Dany Boon peut rendre une sous-population (c'est pas méchant, non non. Pas du tout du tout) accueillante et fantastique.

Voilà. Vous aurez remarqué ma franchise, et ce, dès le titre. 

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 18:24

Les Amis de Sarkozy ont encore frappé. Mais cette fois, ils ont dû compter sur la présence de l'immonde Gargamel, as known as Jean-Pierre Raffarin, qui somme ce très cher Nicolas Sarkozy de tirer les vraies leçons de son bilan. Et c'est vrai, il a raison. Arrêtons de dire que cet homme est, mais cela fut vrai, le leader naturel de l'UMP. Puisqu'il est à la retraite et qu'il ne reviendra plus (et on le souhaite) en politique. 

Le truc qui me sidère, c'est ce leadership malsain, cette chose tellement énorme qu'on se croirait revenu à un culte du Leader Naturel. Oui, la Corée du Nord, oui. Et non, je n'ai pas peur de le dire. Parce que dans le fond, c'est ça. On se réunit pour le Chef, celui qui a mené l'UMP à la victoire et qu'il l'a imposé dans le PPF (Paysage Politique Français). Admettez que faire l'apologie du Leader, c'est pas ce qu'il y a de plus démocratique non plus. Surtout quand on sait que l'UMP a fait un "apprentissage douloureux de la démocratie", selon Valérie Pécresse, après le fameux 18 Novembre et sa boucherie électorale sans nom.

J'ai dans l'idée que si le PS faisait une association Les Amis de François Hollande, on se retrouverait dans la critique fondamentale et juste, mais sans retenue d'un "retour à la politique des années 30, quand le Leader naturel était désigné et porté au devant de tous" selon Morano/Pécresse/Copé/Hortefeux/Guéant/Guaino (à vrai dire, le nom importe peu, puisque le parti se lèverait d'une seule voix contre l'horreur absolue de ce concept).

Donc oui, je trouve ce concept un peu hypocrite, parce que la même chose dans le camp adverse ne serait pas tolérée, on s'insurgerait face à cette chose et on hurlerait au scandale parce qu'on a osé parier sur un homme politique qui est hors course, de ses propres mots. 

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 18:05

Le mojito est le cocktail préféré des Français. Y'a pas à dire, la crise touche tous les domaines, même le domaine scientifique, qui est obligé de se coltiner des études à la con dans des bars (THE excuse pour se bourrer la gueule en disant "Mais moi, je travaille, c'est pas pareil. Je fais une étude sur la... le... les..."), mais qui se fait offrir des coups par son supérieur (ou par l'organisme qui a demandé cette étude) en rechignant pour faire genre "j'ai d'autres choses à foutre, bordel, je suis chercheur". 

Sauf qu'en regardant bien, cette enquête n'a pas été réalisé par des chercheurs, mais par je sais pas trop quoi (vous savez, moi, la rigueur de vérification des sources, hein...). Et ceci dit, c'est pas bien grave, ça permet de nous faire oublier tous nos problèmes. C'est pas comme si l'info de cette semaine y avait grandement contribué, hein... Viande de cheval, Pistorius, papa sur la grue, que des trucs d'une importance capitale pour l'avenir de notre pays. Je suis cynique, je vous réponds que j'ai mes raisons. Oui. C'est pas de l'info, tant le cheval que les papas sur leurs grues. Le cheval, c'est quoi ? C'est la découverte de ce que l'on savait tous : on mange de la merde, mais on fait comme si on ne le savait pas. 

La crédibilité de l'info en prend un coup, on va dire. Parce que le conflit au Mali, il est poussé sous le tapis. Le déficit de la France, on lui met un bâillon et on lui demande gentiment d'attendre son tour alors qu'on sait que ça ne viendra pas. 

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 17:51

A l'heure qu'il est, Stéphane Gatignon serait mort. Au conditionel, bien sûr. Pourquoi ? Parce que, sa grève de la faim, c'était bien gentil, mais voilà, c'était pas spectaculaire. Et en plus, pas égoïste pour un sou (huhu), il avait fait ça car sa commune de Sevran était au bord de l'implosion économique. 

Alors que là, trois ou quatre immolations par le feu, admettez qu'on ne voit pas ça tous les jours, ici. Encore, au Tibet, c'est presque normal (et ça le serait si la cause dénoncée n'était pas aussi grave), mais en France, dans le pays des droits de l'Homme, où l'on découvre que tant de gens sont acculés par la misère.

D'abord, les immolations : des chômeurs en fin de droit à Pôle Emploi. Pour la plupart, des "basanés" ou des "reubeus", dans notre langage fleuri. Des mecs du bâtiment, quoi (non, je stigmatise pas les mecs du bâtiment). Alors bon, la misère sociale, d'accord, mais qu'elle vienne pas s'immoler devant un Pôle Emploi, bâtiment d'une importance capitale. La tentative d'immolation du collégien. Autre temps, autre moeurs ? Bah non. Seize ans et déjà sur la brèche, dans les pas des aînés. En même temps, le pauvre gosse, il s'appelle Christian. On est au vingt-et-unième siècle, il a seize ans, il est encore au collège, je cherche pas.

Et les deux papas, réfugiés dans leur grue, tels des cigognes, vous en pensez quoi ? Parce que, pour ma part, je trouve ça vraiment mal tombé. Au moment où la loi sur le Mariage Pour Tous va passer au Sénat, parce que la ministre de la Justice et le ministre de l'Intérieur vont venir nous dire que "c'est important d'avoir un papa et une maman pour le bon développement de l'enfant". Donc, soit les deux papas sur leurs grues ont voté à droite, soit ils étaient tellement désespérés qu'ils en ont oublié leur sens commun : éviter au gouvernement d'avoir à parjurer.

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 18:48





































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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 21:52

Le sol était froid, tout comme l'air ambiant. Je m'étais laissé détruire.

Il n'y avait plus de ciel, plus de terre, je tournais, je ne m'arrêtais plus. Tu sais, cette impression que le sol se dérobe sous tes pieds et que tu tombes. Je voulais toucher le sol, au risque de me tuer. J'ai peur du vide.

Au premier regard, je n'ai pas reconnu l'endroit où je me trouvais. Il m'a fallu une bonne demi-heure pour commencer à rassembler les éléments dans ma tête et les assembler pour donner un semblant de cohérence.

Ce genre d'endroit où les déchets humains comme moi finissent. Ce genre d'endroit où les moins que rien côtoient le néant. Un endroit d'où l'on ne peut fuir, un endroit où la mort est la seule et unique issue.

Je ne sais pas si tu te souviens de moi. Tellement d'années ont passées. Tu dois avoir une vie, maintenant. Un mari, des gosses, un chien. Ce genre de stéréotype de vie rangée, quoi. Toi, ma rebelle au grand cœur, t'as sûrement finie comme ça, ouais. Ça colle bien avec ton intellect, en fait. Rebelle en surface, mais prudente dans le fond. Je te connais. Et là, tu rougis. Tellement fort qu'on te verrait dans le noir. Je sais qu'au fond de toi, tu regrettes cette vie rangée et aseptisée. Je sais qu'au fond de toi, tu ne désires que moi, tu ne veux que moi pour les longues nuits d'hiver, celles où tu es seule, celles où tu as peur. Car moi seul connais tes peurs. Ce n'est pas de la prétention, juste une constatation. Tu me l'as même répété, maintes et maintes fois, le soir, dans la pénombre.

Je regarde le monde, les Hommes autour de moi, je les méprise. Je les vois s'aimer, se jeter des ponts, des immeubles. Oui, je méprise cette race dont je fais partie. Dont tu fais partie.

Je me souviens de notre rencontre. Cela remonte à bien des années. Des années où mon insouciance et ta rébellion nous ont valus des magnifiques heures et des choses mémorables. Tout cela me manque, Darlin'. C'était aussi une de nos inventions, ça. Ce surnom me trotte dans la tête tous les jours, chaque minute de ma vie, je le vois clignoter, en grosses lettres bleues entourées de spots.

Cette rencontre compte parmi les plus belles et les plus destructrices que j'ai pu faire pendant cette vie misérable. Je ne saurais la replacer dans une année précise, mais je me souviens d'un jour, entre l'été et l'automne, vraisemblablement en Septembre. Mon Septembre à moi n'était pas rose, comme l'aurait dit Thiéfaine, mais plus dans les tons mauves, tirant sur le noir, même, parfois.

Cette impression que tout va mal, que tout tombe en pièces, que le temps ne te laisse plus que les miettes. Les miettes d'une vie vraisemblablement idyllique. Ce genre de moments où tes rêves explosent. Simplement. Et là, tu es arrivée. Écrire ton prénom me briserait le cœur, excuse-moi cette faiblesse d'homme pitoyable. Je ne suis même plus capable de voir les choses en face. Quand l'ai-je été, d'ailleurs ? Peut-être jamais. Tu aurais dit le contraire, il y a des années de cela. Mais plus maintenant, maintenant que tu as ta vie parfaite.

Notre rencontre, en Septembre. Un seul regard, cette sensation que je n'aimerai plus que toi. A tout jamais. Ton visage, ton sourire, tes yeux. Tout. Tout chez toi m'envoyait sur une autre planète, dans une autre galaxie. Tu m'as littéralement happée dans une spirale, qui, par la suite, allait devenir bien plus infernale et interminable que ce que je croyais. Je te voyais, idole de marbre, posée sur un pied de jade. Idole de feu posée sur un lac. Magnifique.

Tu m'as tant apporté. Tellement que je ne saurais te le rendre. Je ne veux pas te le rendre. J'ai déjà assez donné, assez subi comme ça.

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