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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 21:19

Daniel Schneidermann répond à Patrick Cohen dans une tribune comment dire... plus ou moins hallucinante. Pour vous situer les faits, hier, Patrick Cohen a fait une tribune sur Daniel Schneidermann, le fondateur d'Arrêt Sur Images car il y a un an, celui-ci a dressé une sorte de "liste noire des invités" du chroniqueur radio. 

Alors bon, vous vous dites que Patrick Cohen avait déjà réagi à cela. Hé bien non. Même pas. Pas une seule fois. Pas un seul mot à propos de cela. Et là, il a vaguement dit qu'il a vécu, pendant 324 jours dans la tristesse et la douleur. Blablabla. C'est pas pour être méchant avec Cohen, hein. Je suis pas antisémite, du tout. Moi-même, je mange du pain azyme alors bon, vous savez... Mais par contre, je n'aime pas le pain noir (serais-je raciste ?). Mais 324 jours avant de pondre une réponse. Je dirais pas qu'il y a prescription, mais quand même. Ça ridiculise un peu le bonhomme.  Un an. Si c'est ça être un journaliste qui tient une matinale sur France Inter, je veux bien sa place. En décembre prochain, je pourrai peut-être parler de la mort de Mandela. Je suis tellement impatient. Là, je comprends pas, vous voyez. Là, je bloque. Un an. Y'a foutrement prescription.

M.Cohen trouve que Schneidermann a instrumentalisé la haine à son encontre, en publiant une liste noire des personnes qui ne sont rarement, pour ainsi dire jamais, invités dans ses émissions. Patrick Cohen s'étonnait, peut-être à juste titre, de voir que Dieudonné ou Tariq Ramadan étaient encore invités dans son émission. Autant dire que c'est crétin comme argumentation et comme cheminement de pensée. Pêle-mêle (parce que j'ai sacrément mal au crâne), une émission de télé où des dieudonnistes sont invités, une chronique acerbe de Didier Porte sur ce même Patrick. Bref, c'est un peu le bordel. La tourelle s'est enrayée et tire à vue. Sur tout ce qui bouge et où l'on prononce le mot juif. Peut-être que ça fera de la pub à mon blog, après tout. 

Daniel Schneidermann conclue sa vigie avec un point sur lequel j'aimerais revenir. "Vous ne reprochez pas seulement de vous avoir critiqué. Vous me reprochez de vous avoir critiqué en tant que juif. "Le juif Cohen", glissez-vous au détour d'une phrase. Et ça, cette manière de brandir son étoile jaune en bouclier, je vous le dis, c'est infâme". Je l'avoue, je trouve ça odieux aussi. Passer une chronique entière à critiquer quelqu'un parce qu'il vous considèrerait plus en tant que juif que français, et conclure sur cette idée magnifique, à savoir que Cohen, bah c'est juif, ça décridibilise toute l'argumentation derrière et donnerait raison à Schneidermann. Ça ferait de vous plus juif que français. Si je peux me permettre, cette contradiction revient souvent. Passer son temps à dire "on n'est pas seulement juif on est aussi français" et, à chaque attaque personnelle, sortir un "je suis juif, si vous parlez de mon peuple, vous parlez aussi un peu de moi quand même", bah c'est trop facile. C'est un peu facile de ne pas vouloir être considéré comme juif et de se réfugier derrière la mémoire d'un peuple exterminé quand on reçoit des critiques professionnelles. C'est même un gros raccourci.

Allez, Patrick Cohen, rendez donc les bottes de Sept Lieues à qui vous les avez volées et n'en parlons plus (cette petite conclusion à la Christophe Barbier est jouissive, vous trouvez pas ?).

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