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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 21:20

Un rire glacial sort de sa gorge.

Ce rire, qui résonne dans la vallée, sous le pont, où sont situées les milliers de personnes venues voir son final, sa dernière marche en avant, à le don de rajouter un peu plus à la peur du peuple. Un mégaphone traîne à ses côtés. Il l’arrache de la main de son propriétaire. Celui-ci a eu l’audace de pester. D’un coup, le Puissant-Chétif, sans se retourner, lui assène un coup de Docks au bon endroit. Ils murmurent une chose, simultanément. Petit-Puissant se rend compte qu’il n’a pas allumé le mégaphone. Il se met à dialoguer avec la foule. Il lui demande expressément de jeter les trois hommes dans le fleuve. De ne pas se soucier de ce qu’ils peuvent faire. S’ils l’aiment, ils le feront. Pour lui. Pour qu’il puisse partir tranquillement dans un au-delà plus paisible, sans la bêtise des frustrés de pouvoir, qui sont, pour la plupart, des patrons licenciés amassés au pied d’un pont, aux pieds d’un Homme, qui, il n’y a même pas une heure, n’était qu’un inconnu, peu sûr de lui, frêle, n’osant jamais répondre, de peur de représailles.

D’un coup, une femme. Une jolie femme, des cheveux longs, rouges comme le Soleil, symbole de vie, retenus par un bandeau noir, un jean trop large, un t-shirt "Alice in Chains", la première paire de chaussures qui passait. Elle a aussi une rose, coincée dans son bandeau. Petit-Puissant ne peut que faire le lien avec l’homme. Les deux armoires à glace rampent comme des valets de pique aux pieds de leur Dame. Elle saisit une planche, relativement épaisse, et commence à frapper les hommes au sol. Ceux-ci protestent avec véhémence, mais elle n’est pas d’humeur à supporter leurs jérémiades. Elle fracasse la planche sur le crâne d’un des hommes, qui meurt probablement sur le coup. Les deux autres se saisissent d’elle et lui assènent des coups de crosses et de batte de baseball. Elle chute lourdement. Ne voulant pas lui accorder de pitié, ils lui brisent les os un à un. Lentement. Elle meurt. Accalmie. Mais, d’un coup, une vingtaine de personne saute sur les deux hommes qui ont tués la femme rousse, et les immobilisent. Le Petit-Puissant se sent fort, maintenant. Puissant ne voit plus que la scène qui se déroule devant ses yeux, en contrebas. Les deux hommes finissent dans le fleuve. Ils se noient. C’est tout. Le Puissant se sent Très-Puissant. Mais l’homme au mégaphone, qui se trouve être le type à la crête qui fut le premier à le vouloir au fond du fleuve, saisit le Très-Puissant. Il l’assomme et le pousse du pied dans le fleuve.

Très-Puissant revient à son état de Puissant. Le Puissant redevient cette chose qu’était le Petit-Puissant. Puissant-Chétif. Puis redevient le ramassis de Chétif-Puissant. Qui lui même, en touchant l’eau, retrouve son état naturel de Chétif.

La boucle est bouclée, il a donc connu la jouissance de manipuler les foules. Nouvel Hitler de quinze petites minutes. Un bateau, majestueux, passe. Les pales magnifiques, argentées du Rosenrot broient le Chétif, qui n’est plus que tas de chair. La foule, voulant assouvir sa vengeance, jette le type à la crête dans le fleuve. Puis, une bagarre générale éclate. Aucun survivant. Le dernier ? Il a sauté du pont. Pour faire comme son idole.

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