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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 19:00

MSN va disparaître. Avec lui, tout un pan de ma jeunesse. Comme l'a remarqué un twitto, c'est pas tant une douleur lancinante au fond de mon être, mais une douce nostalgie qui me fait dire "Jeune et con"... et capable du pire pour avoir le meilleur sur sa vie. Cet article, plein de nostalgie et de regard condescendant sur les êtres ayant utilisé ce "pré-réseau social", ne peut être pleinement compris que par ces mêmes êtres qui ont usé et abusé des fonctionnalités, certes intéressantes (au moins un peu) du fameaux MSN Messenger.

Oui, car, pour ceux qui sont nés après 2000, vous êtes, me semble-t-il, trop jeunes pour avoir connu MSN à son âge d'or (et donc lire mon blog en ce moment, CQFD...). A savoir entre 2005 et 2010. Cet âge d'or qui te faisait croire que tout était possible, que tu pouvais envoyer des trucs impunéments à tes potes alors qu'ils n'étaient même pas connectés (ça, c'était la révolution : les messages différés. Ce genre de truc qui te change la vie quand tu trouve une putain de vidéo et que t'as peur de pas la retrouver, à l'époque où Youtube ne permettait pas la fonction "favoris" ou même les playlists (loin, loin, je vous dis !), en fait). Tout plein d'inventions plus géniales les unes que les autres ont permis l'expansion de ce réseau social avant l'heure de gloires des mastodontes que sont devenus Facebook, Twitter et Skype (racheté par Microsoft, en remplaçant de MSN, donc). Renommé Windows Live Messenger, les français (au moins) sont réticents et continuent leur appellation fétiche "MSN" (désuette mais tellement symbolique pour toute une génération). Parce que, comprenez-nous. Nous étions la première génération à accéder à ce vaste monde qu'est Internet sans avoir à se poser de questions. Alors, dialoguer en direct avec ses potes qui étaient loin (ceux qu'on rencontrait en colo), c'était bien pratique.

Je me rappelle encore de cette période, où tout fier, j'étais l'un des premiers à avoir MSN dans mon école (en 2003, donc). Cette fierté de demander aux autres s'ils avaient un ordi. Si oui, leur demander s'ils avaient une connexion internet (je vous parle d'une époque où les modems grésillaient quand ils se connectaient, qu'il fallait se déconnecter si les parents voulaient passer un coup de fil, et si on le déconnectait pas, on se faisait démolir parcequ'il n'y avait pas encore l'illimité à cette époque) et enfin, la fameuse question-Graal "Est-ce que t'as MSN ?", demandée avec cette pointe d'hésitation et de crainte d'avoir la réponse "C'est quoi ça ?".

MSN est surtout connu pour ses facéties en tous genres. Déjà, la typographie. Y'aurait pas eu MSN, on ne se serait jamais retrouvé à considérer le Comic Sans MS comme une police (sérieusement, à part pour des invits de cirque, je vois pas, quoi). Le complot est là : mettre cette police en deuxième position (après le banal Times New Roman) pour que les gens se mettent à voir de l'originalité dans cette horreur (originalité qui deviendra, malheuresement, banale). Le Comic Sans MS, pour ceux qui auraient (voulu) oublié(er), c'est ça : -"Coucou, ça va ?" -"Oui, et toi ?" -"Bien. Quoi de neuf ?" -"Pas grand chose, et toi ?" -"Pareil".  Voilà à quoi ressemble cette fameuse police de caractères. Au début, c'est original. A la fin, ça donne des envies de meurtres. C'est encore pire quand on peut faire ce genre de trucs : "Salut, comment tu vas ?" Pas besoin de vous dire que c'est comme si quelqu'un vous violait visuellement. Et vous avez vu, plus haut, à quoi ressemblait nos conversations sur MSN, fût un temps où on squattait les bancs du collège. 

Ensuite, les mecs de Windows ont eu la bonne idée de balancer ce qu'on pourrait appeler un "MSN Market". Un genre de site où tu pouvais t'acheter des photos de profil, des émoticônes, des  "clins d'oeil" (pour les anciens neophytes amnésiques, les énormes émoticônes qui s'animaient et qui te pourissaient tout ton écran pendant quinze bonnes secondes, où t'étais paralysé par la peur de voir ce genre de trucs), qui remplaçaient un peu tout et n'importe quoi (de l'émoticône de base à un amical "Salut ça va ?") et qui faisait dire à celui qui venait te parler "J'm'ennuie un peu, alors je viens là, histoire de combler un manque". Sur ce même MSN "Market", on trouvait aussi des fonds d'écran de conversation animés (ce truc super utile que tu pouvais PARTAGER avec celui qui était en train de "converser" avec toi). Le fameux, aussi, "messenger plus". Ce truc inutile mais tellement important (je sais plus pourquoi) pour les gens, à l'époque.

Je me souviens, encore plus, des fameux "wizz". Cette fonction qui disait "emmerde tes amis, leur dis pas bonjour, ils sauront très vite que t'as rien à faire", et, soit se déconnecteront, soit te diront purement et simplement d'arrêter de les faires chier. 

C'était marrant, aussi, à l'époque de changer de statut tous les quatre jours et chercher les trucs pertinents à mettre pour que les gens vous reconnaissent, et rient, au moins une fois à des statuts un peu cons du genre "Presque mort, mais pas encore battu par ses parents", sous de jolis couleurs chatoyantes, accompagné d'une photo de profil de votre chat ou d'un caillou (un beau caillou, en photo sur le "MSN Market", t'as craqué, c'est comme ça). Avec, pour aider (et ajouter un contexte), les messages personnels (qui pouvaient être remplacés par un morceau, x ou y, écouté sous une version du Windows Media Player (du old, donc) ou un autre truc qui lisait ta musique, mais pour iTunes, c'était la grosse misère d'installer le plug-in), qui amenait parfois à des clashs sur l'utilité d'écouter telle ou telle musique, qui finissait en "De toute façon, je te bloque, t'es trop con(ne), tu veux rien comprendre" -" Bah c'est pas plus mal, je faisais ça juste pour te caser avec [insérer un nom], mais quand il (elle) va voir que t'es trop con(ne), tu pourras t'en prendre qu'à toi". Finalement, Facebook, n'a rien inventé. Mark, petit joueur.

Et tellement plein d'autres fonctionnalités, aussi. Ce genre de trus désuets, mais tellement importants psychologiquement. Comme la webcam (où les bugs qui duraient plus de dix secondes avaient le droit à un "je me déco, je me reco après, si ça marche pas, on abandonne").




Quelque chose de ce genre là, quoi.
 

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