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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 19:00

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"Après la mort, il n'y a rien". Du moins, c'est comme ça que je traduirais le titre de ce mastodonte, étant donné que je n'ai jamais fait de latin. Ce qui, du coup, viendrait expliquer, et creuser un peu plus, l'idée que les "Mayans were wrong. We are not". Si les Mayas se sont vautrés, alors c'est Shawter et sa bande qui vont nous matraquer la gueule. Alors ?

Mon premier verdict, première écoute sur Deezer, m'avait laissé une impression mitigée. When Winter..., morceau d'ouverture de l'album commence par un sample de piano, correct, qui annonce le chaos. Arrivent ensuite l'armée de double grosse caisse et de gros scream à la Shawter (la marque de fabrique de Dagob, en quelque sorte). J'ai vraiment pas aimé cette intro, encore maintenant, après trois ou quatre écoutes. Intro qui attaque, certes, mais c'est au niveau du chant, qui se fait vraiment guttural pour être guttural. Il n'y a pas de nuances dans ce growl, juste de la puissance, ce qui ne sera pas fait, ou se fera moins sentir par la suite. Par contre, j'ai pris une claque à force maximale quand le refrain en clair est arrivé. Ça me le fait encore. Je sais qu'il va arriver, mais je ne m'y attends pas. Du moins, je fais semblant, pour continuer à apprécier ce morceau. Après, ce morceau d'ouverture me semble essentiel dans la construction de l'album : on n'aurait pas imaginé en mettre un autre en premier, tant celui-ci souffle le chaud et le froid. Mais attention, ce n'est pas péjoratif, c'est juste que ce morceau est représentatif de ce qu'est l'album : un mélange de gros metal avec voix scream et des passages vraiment puissants, plus clairs dans leur construction et dans le chant, plus efficaces, aussi, parce qu'ils dépeignent complètement du reste des morceaux qu'ont pu faire les Marseillais auparavant. 

Ensuite, Poseidon semble avoir repensé les bases du groupe, bien qu'elles n'aient pas vraiment bougé en 10 ans, avec une musique plus samplé (toutes ces respirations de scaphandriers, ces sirènes, qui étaient largement présentes dans Poseidon, mais vu le thème de l'album, on peut difficilement leur reprocher) et plus "aérienne". En parlant de Poseidon, le morceau Yes We Die, est, je trouve, bien plus proche de l'album précédent que les autres morceaux. Faites la comparaison avec Dead Lion Reef. C'est surprenant. Et toujours ce piano, samplé, proche d'un synthé mais qui ne l'est pas vraiment. Toujours surprenant. Tout comme cette voix claire, qui est un coup porté au préjugé que "un metalleux, ça sait pas chanter". Bah non. Alterner le chant clair et le scream, c'est la preuve que t'es un vrai chanteur de metal. Et le rajout des violons sur Kiss Me Kraken est parfaitement jouissif.

Ceci dit, si vous vous attendiez à des grosses surprises, notamment à la suite du changement de guitariste, avec le départ d'Izakar et l'arrivée d'Yves Terzibachian, vous serez certainement déçus. Encore que... A l'écoute de la fin de The Realm Black, je peux dire que la musicalité est toujours bien bien présente. Je me repasse actuellement les anciens morceaux, notamment de What Hell is About et Face the Colossus, je peux dire que je n'ai pas vraiment vu la différence au niveau des compos, peut-être parce que le groupe se construit autour du noyau que forment Shawter et Franky, les deux étant fortement reconnaissables par leur patte artistique. Je remarque ça parce que j'écoute le puissant I, Reptile et que, au niveau du refrain, on se prend une double grosse caisse et un scream de monstre, guitare et basse faisant office de section rythmique, qui s'effacent quand même grandement par rapport à la double grosse caisse. Ce qui n'est pas vraiment habituel comme manière de produire un morceau, mais je dois dire que l'effet marche amplement. Et ces notes en clean, au dessus de la rythmique syncopée, c'est particulièrement jouissif.

L'interlude Nevada est magnifique. La section rythmique est archi-présente, sans lourdeurs, sans jeu de bourrin, Franky pose une rythmique simple, un peu comme 43°17'N/5°22'E, mais rudement efficace sur des guitares clean et une basse efficace.

Cet album semble vouloir répondre à une nouvelle attente du groupe : celle d'aller conquérir le monde, par les mers, cela s'entend. Cette volonté semble passer par le titre The Great Wonder, qui cogne comme un double uppercut, avec la répétition de "Wonder" et de "After". Arrive ensuite ce chant clair, assez opportuniste, qui correspond assez aux standards US, et surtout à des normes de metalcore bien couillu. Peut-être le morceau le plus suprenant et le plus "dagobesque" de l'album, celui qui poutre vraiment, sans pour autant être désagréable. La faute à une production très US qui semble savoir s'y prendre avec les groupes qui veulent se faire connaître. C'est cette prod qui semble s'imposer sur le reste de l'album, sans pour autant venir dénaturer le gros son de Dagoba, tel qu'on a pu le connaître. Certains le regrettent, pour ma part, c'est pas tellement du regret, c'est plus une surprise. Cette prod US revient aussi sur Son of a Ghost, qui semble plus répondre aux attentes d'un public américain.



Ceci dit, peut-on vraiment vouloir à nos groupes du terroir de vouloir partir vers le monde merveilleux des States ? Je ne crois pas, non. Quand on voit la place réservée à la musique metal dans notre monde culturel, on ne peut que souhaiter aux quelques groupes qui ont réussi à percer d'aller voir ailleurs, plus loin. Et les États-Unis restent quand même le pays où le metal est le plus apprécié, si l'on oublie tous les pays scandinaves qui sont de gros gros fournisseurs de groupes de black metal, ce qui n'est pas négligeable. Cette production US est le reflet flagrant du désintérêt de la France pour ses groupes de metal, et les quelques grosses pointures dans le monde de la prod française (comme Stéphane Buriez) sont plus tournées vers le metalcore / hardcore (il suffit de voir le dernier The ARRS), ce qui n'aurait jamais correspondu à l'univers de Dagoba.
Il suffit, pour s'en convaincre, de prendre l'exemple de Gojira. Exilés aux States pour L'Enfant Sauvage, le groupe a franchi une étape dans le monde du metal. Peut-on en espérer autant pour les Marseillais ? Au vu de cet album, je dirais oui. Franchement oui. Une prod peut-être un tout petit peu trop US pour un public français, mais cela a-t-il vraiment de l'importance puisqu'on sait ce qu'ils sont réellement capables de faire ?

Les Dagob' ont rempli leur part du contrat et défoncé la gueule des Mayas, qui, contrairement aux Marseillais avaient largement eu le temps de peaufiner leur carnage. Mais, au fond de moi, j'espérais que les frenchies feraient mieux que le film de Roland Emmerich. Chose faite aussi. Plus ample et plus direct, ce Dagoba s'annonce donc comme la référence en matière de fin du monde. "Après la mort, il n'y a plus rien". Si cela signifie que la fin de l'album annonce la mort, je veux bien les croire : la seule chose que j'ai eu envie de faire, c'est de violer la touche "play again" sur Youtube. Plus rien d'autre ne pourrait exister, donc.

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Published by Hannibal - dans Chroniques
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