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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 18:05

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Serj Tankian est un fou, qui exécute toutes les idées qui lui passent par la tête. Sa carrière solo en est le reflet. Le premier album, Elect the Dead, était dans la continuité de ce qu'il avait fait avec SOAD, un album tourné vers le metal, avec une puissance et une frappe chirurgicale, qui ne laisse, encore aujourd'hui, pas indemne. Imperfect Harmonies prenait le vent contraire et partait vers un univers plus calme, plus tourné vers de l'électro, des sonorités qu'on n'aurait jamais pu imaginer sortir de la tête du chanteur de System. Était arrivé ensuite le magistral Harakiri, qui, sans revenir totalement à ce qu'avait été Elect the Dead, nous prouvait que Serj avait dilué sa musique électronique et si particulière d'Imperfect Harmonies. Serj est aussi un génie pour découvrir des artistes. C'est lui, par exemple, qui a fait singer sous son label Serjical Strike, le groupe Viza (qui, oui, se rapproche énormément de SOAD). ll prévoit de sortir un album de fusion-jazz pour le mois de Juillet, d'ailleurs.

Serj est donc un magicien, un génie fou, prêt à toutes les expériences tant qu'il peut apporter sa touche. Son dernier, et seul, méfait symphonique était de taille, avec la version symphonique d'Elect the Dead. Ici, il recrute l'orchestre de Vienne pour faire une symphonie en quatre actes sur la vie sous-marine, plus précisément des orques. Serj le dit lui-même, "l'orque est connu comme étant une baleine tueuse, cependant, il se rapproche plus d'un dauphin obscur, comme un symbole de la dichotomie humaine". En plus, donc, de faire un opéra sur les orques, Serj cherche à comprendre la dichotomie humaine. Il est vraiment partout.

Cet opéra en quatre actes, qui sont Victorius Orcinus, Oceanic Subterfuge, Delphinus Capensis et Lamentation of the Beached, nous plonge bel et bien dans la dichotomie. Et c'est d'ailleurs ce qui ressort de tout cet opéra. Des passages lumineux qui alternent avec des passages bien plus sombres, des passages joyeux qui ternissent pour laisser place à des moments de doute et d'angoisse. On retrouve bel et bien la séparation humaine, entre la joie et la tristesse, parfois tout est mêlé et on n'arrive pas très bien à faire la différence. Il y a aussi des moments de grandeurs, très courts, qui se caractérisent par des envolées de violon minimalistes mais très efficace. Le motif principal de Victorius Orcinus est sans doute le plus beau, celui qui s'infiltre dans ton être et s'échappe seulement quand tu es lessivé, vidé. Ce même motif qui revient souvent, mais de manière plus allégée dans le reste de cet album en quatre parties.

On retrouve aussi toute le génie de composition de Serj, notamment derrière le piano, où les envolées font écho à ce qu'il avait déjà créé dans sa carrière solo. Même si l'orchestre est important, c'est ce piano qui donne tout sa consistance et sa force à cette oeuvre. Ce piano qui aurait même tendance à envoyer l'orchestre au placard, par moments.

Cet opéra reflète aussi les aléas de la mer, on passe du calme à la tempête en un instant, on n'a évidemment pas le temps de s'y préparer, et c'est ça qui fait toute la force de cette pièce, on passe par toutes les émotions possibles sans y être préparé. Une leçon de vie, en somme.

Serj réussi donc un coup de maître, puisque, en partant d'un orque, en passant par les aléas des conditions météorlogiques de la mer, il arrive à définir musicalement l'Homme. Et là, on touche à quelque chose de plus grand que l'émotion par la musique. L'émotion devient musique. 

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Published by Hannibal - dans Chroniques
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