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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 16:24

Mes pensées troublaient mon raisonnement. Comment avoir autant de peine en étant si heureux ? Sans doute n'était-ce pas cela, le bonheur. Mais qu'était-il, alors ? Quelle forme peut-il prendre ? Quelle était cette monstruosité, ce changeur de forme qui apparaît à chaque personne différemment ? Pourquoi pas moi ? Certains disent qu'il faut avoir de la chance pour être heureux. Bien. Mais si je n'ai ni l'un ni l'autre ? Si j'ai encore moins de chance que de bonheur ? La question est là. Dépression ? Suicide obligatoire ? Je pense bien, oui. Mais le suicide ramène obligatoirement à la question tangente de la chance.

Si je saute d'un immeuble, par exemple. Disons, du cinquième étage, la tête la première. Quel est mon pourcentage de chance pour que je m'écrase bien proprement en me brisant la nuque ? Soixante ? Soixante-dix pourcents ? Ça me laisse une marge de trente à quarante pourcents pour me biser la colonne vertébrale et, avec la chance que j'ai, de finir ma vie tétraplégique et en ayant perdu l'usage de la parole.

L'électrocution dans une baignoire ? Vous me direz que c'est inratable. Je vous répondrai "Oui, pour les autres". Avec ma chance, il va se passer un truc avec le pH de la flotte ou le fait qu'elle contienne trop de ci ou pas assez de ça pour me faire rater mon suicide. Je pourrais finir collé au fond de ma baignoire (et qui a encore une baignoire de nos jours, au juste ?), agonisant comme un poisson hors de l'eau. 

La pendaison ? Je serais capable de mal faire le noeud coulant, je serais capable de mal attacher la corde à la poutre, voire même de ne pas choisir la bonne corde ET la bonne poutre, et me retrouver avec un tabouret au milieu du dos. Et il suffit, que, au moment ou je saute, ma main reste coincée dans la boucle et que je passe plus de temps à essayer de l'enlever que de mourir. C'est moche, hein ?

J'aimerais conclure. En vous disant que le suicide est une question de chance (vous l'aurez compris). Que, pour une fois, la vie dira "Il a pas de chance, mais pour cette fois, roule. On verra bien". Parce qu'un jour, on sera bien obligé d'y passer. Et, la plupart du temps, vous ne verrez rien arriver. Vous marcherez dans la rue, un bus va vous rentrer dedans. Vous serez chez vous, une tempête, vous vous prendrez le chêne du voisin sur la gueule. Voilà, c'est tout. Donc le suicide, oui. Pour ceux qui n'en peuvent vraiment plus. Et pas pour les ados qui se la jouent dark.

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commentaires

Sékateur 09/02/2013 19:04

Conclusion étonnante. En effet, non aux ados qui se la jouent "dark"... le suicide, je l'envisage à partir de 40 ans, pas avant. A 40 ans, on peut avoir vécu suffisamment pour en avoir ras-le-bal.
Pas à 16. Faut pas déconner. J'ai du respect pour le suicide, mais pas pour celui des ados...

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