Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 18:15

Gojira-L_enfant_Sauvage-Frontal.jpg

Dans le milieu très fermé du metal, je ne pense pas qu'un album ait pu être aussi attendu que ce Gojira. En effet, le petit groupe de metal Français (oui oui), plus précisément des Landes, a réussi à grimper les échelons un à un, jusqu'à faire les premières parties de Metallica et jouer dans les plus gros festivals d'Europe (Sonisphère, Wacken, Hellfest, Rock Am Ring/ Rock Im Park, ...). Quasiment une première pour un groupe Français (à ma connaissance, du moins), de se faire connaître au niveau international (et de cette manière). Une première aussi, pour un groupe français à se faire respecter comme ça et en mettant un laps de quatre ans entre deux albums, The Way of All Flesh étant sorti en 2008.

On pourrait s'attendre à un album de Gojira plutôt basique (un Gojira peut-il néanmoins être basique, sincèrement ?), du genre The Way of All Flesh ou encore The Link. J'attendais beaucoup de cet album, à savoir concurrencer le formidable et doomesque à souhait From Mars to Sirius (oui, il m'arrive de m'endormir avec cet album dans les oreilles, oui). Sincèrement, à la cinquième piste, le pari est amplement réussi. On en redemande. Comme des accros à la dope. Je ne vais pas faire un track-by-track, d'autres font ça mieux que moi, ici, par exemple. Ecouter un Gojira, c'est plus qu'une écoute rapide, d'une oreille distraite. C'est rentrer dans un monde pas si imaginaire que ça, magnifié par quelque chose d'une subtilité monstre, je ne saurais dire quoi, mais, indéniablement, c'est là. Et sur tous les albums (sauf peut-être le premier, Terra Incognita, mais cela reste compréhensible, ceci dit. Sinon, où est le but de se construire et d'évoluer ?), elle s'impose. C'est particulièremen frappant sur ce dernier opus. La subtilité des voix, la clarté des parties de guitare, la précision de Mario, qui n'en met jamais trop ni trop peu. Joe a la capacité étonnante de moduler sa voix à souhait (mais vraiment à fond, quoi). Du guttural archi poussé aux voix calmes, mélancoliques et limite angoissantes. C'est totalement hallucinant. Notamment sur le dernier morceau de l'album, The Fall, le passage du couplet (voix synthétique au possible et archi calme) au refrain (voix gutturale et sans effet, ce à quoi il nous avait habitué sur certains morceaux). (MAJ 29/06/2012) C'est assez frustrant de se rendre compte qu'on a oublié un truc dans ce genre d'articles. Ici, en l'occurence, je me suis rendu compte d'un truc vraiment fort au niveau des différents albums. Le schéma général des morceaux est bien le même (quoique sensiblement différent d'un album à l'autre), mais leur assemblage dans les albums en fait quelque chose d'unique (ce que je viens de dire, grosso modo). Il y a aussi, chez Gojira, un jeu de textures auditives (je ne saurais expliquer mieux, il faut vous coltiner tous les albums, donc) qui rend un album caractéristique au possible. Cela se voit surtout au niveau de la piste instrumentale, en fait (oui, dans chaque album, il y en a une). Elle nous indique le chemin que suit l'album. Une sorte de calme ambiant sur The Link, une impression de pureté et de force brute sur From Mars to Sirius, un côté sombre, limite mortuaire sur The Way of All Flesh, une puissance tranquille qui vous emporte sans vous brusquer vers un autre monde, plus sain, plus pur, sur L'Enfant Sauvage. C'est pas super simple à expliquer comme ça, mais bon. Je pense vous avoir donné un ressenti. Mais cela ne marche que si vous connaissez quelque peu l'univers de Joseph et Mario Duplantier.

The Gift of Guilt, que je vous conseille fortement par ailleurs, est sans doute le point d'orgue de cet album (non, y'a pas d'orgue sur le morceau, si vous voulez savoir), assez prenant pour vous envoyer loin, assez loin pour voir des baleines et des enfants voler, quoi (si, il vous suffit de fermer les yeux). 

Bref, et pour faire simple, cet album de Gojira, que je viens de finir d'écouter, est donc un parfait bijou. Je n'en attendais pas moins, et vous non plus, je pense. Ce qui se fait de mieux au niveau d'un metal caractéristique de ses différentes influences prises un peu partout (du Death au Black, en passant par le Doom). C'est frappant de voir comment ce groupe, en faisant toujours le même style de musique, avec les mêmes caractéristiques arrive encore à surprendre après dix années d'album fournis et agréables à l'oreille. En effet, il ne me semble pas nécessaire d'être un gros fan de metal bourrin pour apprécier ce groupe, et de surcroît cet album. Une oreille musicale et deux ou trois écoutes pour comprendre l'univers du groupe et c'est parti. 

Si j'avais une note à donner, ce serait du dix sur dix. Pourquoi ? Je viens de vous l'expliquer juste au-dessus. Un des seuls groupes capables de faire passer le metal pour une musique mélodique, mélancolique et agréable à écouter jusqu'à n'en plus pouvoir. Et vous remarquerez l'artwork, toujours aussi soigné et toujours aussi précis. Non, définitivement dix.

Partager cet article

Repost 0
Published by Hannibal - dans Chroniques
commenter cet article

commentaires

Patate pourrite 30/06/2012 16:34

"C'est pas super simple à expliquer comme ça, mais bon." -> Mais tu t'en sors comme un chef!! Ca me donne envie d'écouter alors que tu sais que moi le métal...

Hannibal 30/06/2012 18:00



Bah l'album là est juste... transcendant. Le côté mélancolique est vraiment inattendu et ça rend l'album encore plus beau.



Sékateur 28/06/2012 21:02

Je n'ai jamais écouté aucun album de ce groupe. Je sens que ça va changer...

Hannibal 28/06/2012 21:18



Si je dois t'en conseiller un, commence par From Mars to Sirius. 



Présentation

  • : My Way of Thinking
  • My Way of Thinking
  • : Vous vous rendez compte de ce qu'il se passe dehors ? Non mais allô quoi.
  • Contact