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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 16:57

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Je n'avais jamais écouté les Deftones. Pour moi, c'était un groupe de nu-metal dans la même veine que Limp Bizkit ou KoRn. Quelque chose de difficilement écoutable, de mon point de vue. Parce que le nu-metal met en exergue un mélange de rap et de metal ce qui était faisable à une époque très précise, quand les deux genres étaient au sommet et avaient une grosse visibilité médiatique. J'étais tombé, à une époque, sur leur sublime reprise de Simple Man, qui m'avait laissé pantois. Et, par le plus grand des hasards, je suis tombé sur Koi No Yokan il y a une dizaine de jours.

Cette chronique sera relativement courte, l'album étant sorti en Novembre 2012, que je n'ai pas une grande connaissance de l'univers du groupe, et puisque vous l'avez, certainement pour la plupart déjà usé jusqu'à la corde. 

Il y a quand même une chose à noter, avant de commencer vraiment, c'est que, pour moi, chaque album des Deftones, malgré l'étiquette de nu-metal qu'on veut lui coller, ne se case pas dans un style particulier. Et pour cause, chaque musicien semble vouloir partir dans une direction particulière, et c'est certainement ce qui donne cette sonorité si particulière au groupe. Chino, sonne plus dans le rock alternatif (un peu comme Chester Bennington et Mike Shinoda), Stephen Carpenter essayant de mener le groupe dans un son plus metal. Deux polarités vraiment distinctives du son des Deftones, qui tirent le groupe dans une atmosphère qui n'avait jamais été matérialisée auparavant.

Cet album, est, avant tout, un exercice de style pour le groupe, je pense, qui doit durablement penser à son avenir sans Chi Cheng, tombé dans le coma suite à un accident en 2008. Le 13 Avril 2013, celui-ci décèdera. Il est aussi un exercice important pour Sergio Vega, qui enregistre son deuxième album, après Diamond Eyes, en 2010. L'apport de Vega, sur cet opus, est nettement plus important que sur l'album à la chouette, notamment sur Swerve City, ou le couplet prend quasiment tout son relief avec un simple son de basse. Le jeu de Franky Delgado se fait moins "platinisant", et plus axé sur les claviers et les arrangements électros, contrairement à ce qui a été fait sur les quelques morceaux des premiers albums que j'ai écouté. 

L'amplitude de voix de Chino Moreno est aussi un des points forts de cet album, autant mélancolique qu'enragé, il couvre toute une palette musicale qui s'éloigne fortement du nu-metal et qui nous permet, tout du moins à moi, de vraiment apprécier l'apport musical du groupe et des musiciens qui sont derrière, comme sur Poltergeist, ou, encore une fois, la basse de Vega est d'une force chirurgicale.

Je ne pouvais pas faire la chronique de cet album sans parler d'Entombed, ce magnifique morceau planant et limite orgasmique. Le tapping de Carpenter sur sa huit cordes est d'une efficacité sans pareille et fait de ce riff certainement le plus beau et le plus énigmatique de l'album. Le synthé vient se placer parfaitement au niveau de la basse et la complète presque. Une grosse caisse mise en exergue par une prod assez incroyable, un jeu de batterie tout en nuance, avec des hauteurs pondues au millimètre près. Du grand art. Presque aussi bon que Change, sur l'album White Pony. 

Un album magnifique, très loin du metal alternatif / nu-metal des premiers albums qui a, pour principale force, la présence de Sergio Vega qui compense le jeu de Chi Cheng, ce qui n'avait pas vraiment été prouvé sur Diamond Eyes. Ici, il prouve toute la puissance et toute l'amplitude de son jeu. Koi No Yokan avance une tracklist tantôt lumineuse et optimiste, tantôt sombre et mélancolique, qui colle parfaitement avec les gros tubes du groupe (ceux que je considère comme tels, évidemment). Koi No Yokan a aussi tourné la page de Chi Cheng, remplacé par un très efficace Sergio Vega qui ne se contente plus de suivre Carpenter et de faire des rythmiques basiques. Une grosse présence de la basse non-négligeable qui donne tous ses contours et ses reliefs à cet album.

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Published by Hannibal - dans Chroniques
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