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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 20:58



Le soleil lançait ses flamboyances dans les nuages, les laissait retomber en fines particules de lumière. Les nuages changeaient de couleur au fur et à mesure que les heures passaient. Les oiseaux volaient sur le dos. Pas de bruit de moteur, pas de gens qui pleurent. Plus de bruits de circulation, plus de cons. La nature reprenait ses droits, et tu devrais le savoir. Te voilà transformée en arbre. Immense, majestueuse. La quintessence de ton âme se retrouve petit à petit dans la sève de tes feuilles. A mon tour, je me métamorphose. A mon tour, je deviens ce que je voulais être. A mon tour, je repars à la vie végétale. A mon tour, je me vois grandir, m'élever. Je ne sais plus trop bien. J'ai le sentiment que je peux faire le tour du monde en un battement d'ailes, tellement elles sont majestueuses. 

Et tout repart à zéro. Nous revoilà dans ce monde de bitume et de haine. Dans ce monde de colère et de bruit. Je ne supporte plus ça. Je ne me supporte plus. Je ne te supporte plus non plus. Tu étais plus belle en arbre. Tu parlais moins, je pouvais observer ta beauté brute, ce qui émanait de toi. Là, maintenant, tu ne m'offres plus que ton corps meurtri par la chirurgie et le maquillage. On parlait de charme naturel. Tu me disais que ça n'existait pas. J'ai maintenant des photos qui pourront te prouver le contraire. Tu es belle avec tes défauts, belles avec tes erreurs. Tu me fais les mêmes réflexions. Que mon corps tatoué n'est plus le même, que mes oreilles percées ont été déformé. J'accepte tes critiques, je t'en ai fait aussi. Mais que veux-tu ? L'amertume a remplacé la candeur. La haine finira bientôt par remplacer l'amour. Le feu s'éteint petit à petit, nous pourrons bientôt passer de l'autre côté.

Les nuages se transforment en mouton, et alors, sur le toit des maisons, c'est une pluie d'étoiles filantes qui s'abat. Sans faire de dégâts. Le tout dans une finesse légendaire, elles explosent comme des bulles de savon, retombent en milliers de micro étoiles, qui, à leur tour, touchent ce qui reste de macadam avant d'exploser elles aussi en milliard de roches. Le trottoir est pavé de poussière d'étoiles mortes. Tu te remets à planer, comme une déesse. Je ne peux plus t'attraper, tu fais partie des étoiles, maintenant. Je te vois rétrécir, et je pleure. Je te vois monter et je suis soulagé. Je ne sais plus ce que je dois penser. Ni quoi, ni comment, ni pourquoi. Tu étais tout ce que j'avais. Tu n'étais rien. Tu étais ma vie. Tu m'as conduit à la mort. Je voulais vivre avec toi. Je suis mort pour toi. Jamais tu ne m'as félicité pour ça. Pas un sourire, ni une étreinte. Juste une braise de cigarette, rougeoyant par nuit noire. Juste une fumée âcre. Tu es un peu dans chacune des cigarettes que je fume. La fumée me rappelle ton visage. Le papier qui se consomme me rappelle ton rire. La blancheur de la cigarette me rappelle la blancheur de ta peau. 

Tu es très certainement revenue, une fois. Pour me dire à quel point tu tenais à moi. Où est-ce moi qui suis venu te dire ça, les larmes aux yeux, le coeur broyé par les sanglots ? Je ne sais plus. Tout cela fait si longtemps, maintenant. Je pense chaque jour un peu à toi, quand la cigarette touche mes lèvres, et que je recrache la fumée. Vous êtes toutes un peu cette cigarette. Vous êtes toutes parties comme cette fumée que j'essaye de retenir le plus longtemps, pour ne pas perdre la sensation ennivrante d'être vivant. 


 

 

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