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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 21:20

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C'est en écoutant cet EP de Flea que je me suis rendu compte d'un truc indéniable. Si les albums des Red Hot Chili Peppers ont si méchamment fonctionné de 1991 à 2006 (et encore plus lors des lives, il suffit de voir les impros de Flea et de Frusciante méchamment belles qu'ils sortent. Surtout sur l'intro de Californication du Live At Slane Castle), ben c'est peut-être un peu grâce à la paire magique Frusciante/Flea. C'est peut-être pour ça que le I'm With You, sorti l'été dernier, est peut-être un peu plus décevant. On ne retrouve pas de fusion dans la composition. Il n'y a plus non plus cette méchante alchimie.

Les deux hommes semblent sur la même longueur d'onde, tant musicalement qu'émotionnellement. Dans ce projet de Flea, on retrouve une grosse dose de musique électro, des sons de guitare saturés au possible, des bandes qui tournent, aussi. C'est sans doute de là que vient la magie des Red Hot, savoir mélanger toutes les influences possibles pour sortir un son unique, parfois déstabilisant. C'était le cas sur Empyrean, de Frusciante, c'est le cas ici, sur Helen Burns.

Pour en venir à cet EP, je dirai qu'il est déstabilisant. Et magique à la fois. Déstabilisant, car, quand on connaît un peu le bonhomme, on a l'habitude de le voir campé derrière sa basse, à sauter partout tout le temps. Ici, l'ambiance musicale est plus à nous offrir un Flea détendu, assis sur un tabouret de bar, voire même par terre, à jouer des improvisations. Un album aux sonorités calmes, reposantes. Planantes, même. C'est pour ça qu'il est magique. Tout comme Frusciante, Flea nous emporte dans son univers, mais jamais de force. Une sensation que je pourrais comparer à une sorte d'hypnose (bien que n'ayant jamais été sous hypnose).

Le premier morceau, 333, est une longue instrumentale de huit minutes. Un début jazzy, piano-basse-trompette (oui, Flea revient à son premier amour, la trompette, que l'on retrouve dans les albums des Red Hot, aussi). Le piano quasi-hypnotique. Ce morceau qui se poursuit par une envolée musicale, avec un étrange beat électro (qui passe plutôt bien, je dois dire), une trompette en mode overdrive (si si, sans déconner), des samples dignes de Shpongle, une très faible guitare en arrière-plan. Morceau qui finit sur une espèce de saturation avec une basse superposée dessus et une outro minimaliste au piano. 

Le deuxième morceau, Pedestal of Infamy, ballade de trois minutes, où l'on retrouve vraiment un esprit à la Frusciante. Les choeurs, tout d'abord. Une bande enregistrée qui me semble être passé à l'envers (j'ai pas de formation dans la production musicale, c'est donc une supposition), comme sur Dark/Light, de John Frusciante. Une intro au synthé, secondé par une rythmique basse/batterie reposante. Un peu comme les Péruviens qui jouent de la flûte de Pan, quoi. Sur le morceau de Frusciante, on pourrait presque croire à une piste de Flea. Moi-même, je me suis fait avoir. C'est bien John qui joue de la basse. Six cordes. Ce type est définitivement un Dieu.

Le troisième morceau, A Little Bit of Sanity, sonne comme le solo de Californication que vous avez plus haut (et dire que je cherchais à quoi ça me faisait penser), surtout pour la ligne de basse. Le piano devient un instrument récurrent, Flea superposant même deux bandes de piano. Une très courte instrumentale, un interlude.
 
Le quatrième morceau, Helen Burns, avec la voix étrange et magnifique de Patti Smith, semble être un morceau sorti d'un cabaret des années cinquante. Une voix, un piano. On imagine aisément la salle enfumée, les gens venus ruminer dans leur coin, et qui lèvent la tête dès qu'elle se met à chanter, et tout le monde la fixe sans pouvoir s'arrêter. Jusqu'à la fin, quand la dernière note vient mourir.

Le cinquième et avant-dernier morceau, 333 Revisited, est comme son nom l'indique, une reprise. Mais ici, parlons de suite, plutôt, avec l'intro de piano qui semble continuer l'outro du premier morceau. Toujours ce jeu de basse, à un niveau de jeu plus psychédélique, cette fois. Toujours cette même trompette. Une prog de batterie parfaite. Petit ajout de violons au milieu du morceau, qui rend ce break cristallin et pur. Au début du dernier quart du morceau, le son du synthé devient plus angoissant, un peu à la Mike Oldfield et son célébrissime Tubular Bells, accompagné d'un piano.

Le dernier morceau, Lovelovelove, sonne comme un happy end, avec une chorale, encore une référence au 50's, je trouve. Morceau avec une intro résonnant encore celles de Frusciante. Flea y rajoute une basse saturée à l'extrême (oui, un peu comme Cliff Burton sur For Whom the Bell Tolls).

Un très bon EP, donc. Déroutant au début, il faut l'écouter deux ou trois fois pour pleinement le savourer. De préférence au casque. On entend mieux les instruments et les subtilités musicales. Je mets un 7.5/10, pour l'effort fourni et pour le fait qu'il se soit détaché de son côté Red Hot. Là où ça pèche, c'est que cet album est trop tourné vers la musique électronique en gros blocs. 

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