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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 21:51

Je ne sais pas si tu te souviens de cette soirée de Juin, cette soirée où nous étions monté dans les bois, au-dessus de chez moi, et que nous avons dormi à la belle étoile. Enfin, «dormi» est un bien grand mot. Nous avons plutôt admiré les étoiles et discuté de tout et de rien au lieu de dormir. Cette nuit restera comme la plus belle que j'ai jamais passé. J'ai aimé cette force quasi-magnétique, quasi-mystique entre nous deux. Cette force qui a rapproché nos esprits, nos âmes, et, petit à petit, nos corps. Tu n'as pas besoin de détails, si ? Je ne crois pas. Je crois que cette nuit et la journée qui suivit a été gravée au fer blanc dans nos mémoires. Je me souviens de tes yeux verts profonds, comme deux abysses. De ta peau blanche et douce. De ton sourire éclatant et rayonnant. De tes cheveux, châtains aux reflets blonds. Tu étais charmante. Tout, chez toi, s'accordait parfaitement, dans un summum de perfection.

A ce moment, il n'était même plus question de quelqu'un d'autre. De toute ma vie. Tu aurais pu être celle qui aurait comblé mes jours, mes nuits, mes silences. Parce qu'il y a une limite au silence, bien que celui-ci soit fondamentalement utile à la construction humaine et au développement de l'être. Le silence peut être parfois bon. Cela fait des mois que je ne parle plus. Et j'en crève. Oui, parfois le silence devient trop long, et toi, tu savais y mettre fin. Tu savais le faire au meilleur moment. Quand je m'apprêtais à sombrer dans des abîmes insondables. Cette image, bien que beaucoup utilisée, se place plutôt bien dans ce contexte. Tu n'imagines même pas la folie dans laquelle j'ai pu plonger lorsque tu es partie.

Imagine un paysage Irlandais. Vert, brumeux, tellement brumeux que tu ne vois pas à deux mètres où tu mets les pieds. Imagine que tu mets le pied dans un trou. Que ce trou se resserre sur ton pied, petit à petit, que tu ne puisses plus sortir, et donc, que tu ne puisses plus vivre. Imagine ensuite ce trou s'espacer, juste assez pour que tu ressortes ton pied. Et d'un coup, te happer entièrement. Comme ça. Une chute sans fin, un trou sans fond. J'ai fini par voir la lumière. Se refléter sur une seringue remplie d'héroïne. Et là, j'ai su que tout était réellement fini. Tu n'imagines même pas le bonheur de voir tous ses ennuis s'envoler, comme ça, avec une simple seringue.

Maintenant, j'en suis là. Échoué sur la plage de mes tréfonds. Échoué sur la plage de mes malheurs. Désespérément seul, attendant quelqu'un pour venir me sauver. T'attendant, tout en sachant que tu ne viendras pas. Que tu ne viendras plus. Pas pour m'aider, alors que je me suis défoncé en pensant que ça te ferait revenir plus vite. Que ça te ferait revenir, tout simplement. Bien que n'étant pas une fille qui aimait faire, tu aimais voir les autres faire pour toi.

Voilà. Je devrais m'arrêter là, normalement. Mais j'ai encore envie de te serrer dans mes bras. Ça aussi, c'est une douce illusion. Je suis un raté. Si tu reçois cette lettre, je serais venu la déposer chez toi. Oui, je n'ai pas arrêté de suivre tes mouvements depuis le jour de notre rupture. L'amour m'a tué. Tu m'as tué.

Je t'aime.

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commentaires

Sékateur 17/02/2013 20:31

J'aime les histoires qui se finissent bien !

Hannibal 18/02/2013 17:18



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