Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 18:45

ABR-Restore-And-Rescue.jpg


J'aurai toujours un rictus quand j'entendrai les illuminés catholiques dire que le metal, c'est la musique du Diable, que c'est fait par Satan et que la disto pervertit les esprits. Ce concept me reste encore aujourd'hui étrange, alors que j'essaie de comprendre les mécanismes de la haine envers le metal. En dehors du black metal finlandais, j'entends. Parce que eux donnent raison aux cathos extrêmes et discréditent un peu le message principal du metal : on peut tous vivre dans une paix relative si l'on s'en donne la peine. Et si c'était ça, ce que la religion détestait, au fond, dans le metal ? Ce message d'espoir et ce message de paix ?

Et cependant, on voit fleurir, surtout aux États-Unis, des groupes de christiancore, qui, avec un metalcore ravageur, font passer des textes à fondement religieux. Mais attention, juste le fondement, la paix, l'amour de son prochain, le partage. Rien que le titre de cet album renvoie à cette idée "Sauve et Rétablis". Les fondements de la religion ! Aider son prochain pour qu'il se sente mieux. La base. Sans fioritures ni dénigrements.

Le génie d'August Burns Red tient en deux choses, principalement : leurs textes et le génie de composition. Et à partir de là, comment ne pas atteindre des sommets ? Leurs instrumentalisations sont aussi pure que leurs textes, les trouvailles se font par caisses, et c'est ça qui frappe. Tordre le cou au préjugé du "le metalleux, ça sait faire que gueuler, jouer fort et en disto maximale". Comme ils nous l'avaient montré dans leur précédent album, notamment avec Internal Cannon, avec sa partie flamencore et Jake qui joue de la cloche, Rescue and Restore nous prouve que la musicalité s'impose, petit à petit. Parce que les interludes musicales dans les morceaux se sont vite imposées comme marque de fabrique du groupe et ont pris plus d'importance dans ce dernier album, comme Treatment et son improbable, mais néanmoins magnifique, break de guitare acousitque, accompagné de violons et de contrebasses. Et Matt Greiner qui cartonne sa batterie avec une finesse, elle aussi, improbable. Improbable, aussi, l'idée de mettre le chant derrière les instruments dans ce morceau édifiant qu'est Creative Captivity, cette intro avec des sonorités chinoises est étrange, mais tout le reste se rajoute autour d'une manière naturelle. Ces petites sonorités étrangères à mes oreilles donnent un second souffle au morceau, comme cette fin avec une trompette qui me donne envie de me lever et de partir pour le Mexique. 


Les paroles, comme je l'ai dit, tiennent du génie, tant elles renvoient à des choses basiques et, au fond, tellement humaines, qu'on peut tous les ressentir, au moins une fois. Comme le break de Spirit Breaker. "My dearest love, I woke up tired today, even more so than yesterday. How that's possible, I don't even know, nor do I want to. It's hard to find the motivation when you are this drained. My body aches but I'm used to feeling this way. Seventeen down, seventeen to go. That's not so bad, right ? I think of home often, and of you even more. Yesterday I saw the sun shining. It appeared for a few minutes, just after two. For a moment I found myself smiling, as if those short rays of light were enough to get me by. Maybe that was enough. Thanks God. I needed that". Ou encore le magnifique "chorus" de Fault Line qui m'a collé des frissons lors de la première écoute "If I could do more, I promise you I would, but this is your time now". La seconde volée qui m'a laissé chaos, c'est tout le passage chanté sur ces guitares clean dans Beauty in Tragedy "Tomorrow, the air will be a little colder, but I'll be sure to breath for both of us. And the nights may be a little darker, but I'll be sure to carry the torch to warm the hearts. They're never gonna have to feel yours. I can hear your voice, I can't hear your voice. But that's okay, 'cause I can feel you in my heart". Toute l'émotion, dans la voix de Jake, qui s'engouffre en toi, il me semble impossible de résister quand il chante / parle (pour me défendre, j'ai très peu l'habitude de l'entendre chanter en voix claire, donc je ne sais pas comment ça rend).

Je note aussi l'apparition de choeurs typés hardcore, qui n'étaient pas là auparavant, comme dans Sincerity où, avec de simples "He will remain", on se prend un mur en pleine face. Ou encore celui, de Fault Line "Just don't call me your hero". Ou encore la dernière phrase de Echoes "The open road is what I need to breath freely. Free me". 



Un très très bon album, qui aurait cependant gagné en efficacité en ayant plus de choeurs hardcore et plus de passages où la violence diminue pour laisser place à des instrumentalisations plus calmes qui permettent de mieux apprécier chaque morceau où elles sont placées. Comme je l'ai dit, le génie d'August Burns Red tient en deux fondements, l'écriture qui renvoie à des sentiments simples et partagés, mais surtout, un sens de la composition hors du commun, un sens de la musique, aussi, qui leur permet de varier les influences de chaque morceau. En espérant que l'album de 2015 (oui, leurs albums sortent avec une régularité de deux années entre chaque) tiennent plus de cette pépite que des autres albums plus axés metal. Et évidemment géniaux. L'un des meilleurs albums de 2013, pour moi, qui offre une fraîcheur dans le monde du metal et place August Burns Red dans la cour des grands. Un (petit) 8/10, pour ma part.

Partager cet article

Repost 0
Published by Hannibal - dans Chroniques
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : My Way of Thinking
  • My Way of Thinking
  • : Vous vous rendez compte de ce qu'il se passe dehors ? Non mais allô quoi.
  • Contact