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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 13:13

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Une question me hantait depuis que j'avais découvert Black Sabbath : pourquoi Ozzy, si dément, si sombre et si angoissant dans Black Sabbath faisait des morceaux soupes dans ses albums solos, notamment sur Blizzard of Ozz, le seul que j'ai acheté (malheureusement pour moi). Parce qu'il faut quand même se dire une chose, c'est qu'Ozzy est une machine de guerre avec Black Sabbath, mais un piètre barde en carrière solo. Comment expliquer ça ? Même moi, je n'en sais rien. Et ce n'est pas ce dernier opus qui va m'apporter la réponse. On aurait pu avoir des ébauches de réponse, comme avec le morceau Who's Fooling Who sur l'album solo de Iommi avec Ozzy au chant. Même là, le mystère restait entier, Ozzy étant, comme au début des années 70, une véritable bête (sens propre et figuré).

Parce qu'encore une fois, Ozzy Osbourne est impressionant, notamment dans ses tonalités de voix, qu'il est capable de moduler. Le plus fou reste qu'il ait encore quasiment la voix de ses vingt ans, même à soixante-quatre. Même Gillan n'avait pas réussi à récupérer cette touche si particulière qu'il avait dans les années 70 sur le dernier opus des Deep Purple, Now What ?!. C'est dire l'ampleur de la palette artistique d'Ozzy, de sa capacité à faire ressortir ses tripes. Rien que le morceau God Is Dead ? est le signe révélateur de la bonne forme des précurseurs du metal. On y retrouve tout, absolument tout : de la tonalité angoissante de la guitare de Tony Iommi au jeu de basse si technique et profondément efficace de Geezer Butler. J'avais du mal à me dire qu'il était possible de faire un album du Black Sabbath originel sans le batteur originel, Bill Ward, mais, preuve est de constater qu'il n'était pas foncièrement LE batteur absolu (contrairement à Geezer, par exemple), puisque Brad Wilk, batteur de Rage Against The Machine fait très bien le boulot. Cette caractéristique est particulièrement frappante sur le magnifique morceau Zeitgeist qui reprend l'ambiance de Planet Caravan, ses percussions, sa grosse basse bien planante, la guitare acoustique en plus (sur Planet Caravan, c'est certainement une électrique en clean), malheuresement sans la voix d'Ozzy amplifiée par une cabine Leslie, qui donnait l'effet tripant à la chanson. Brad fait le job, et n'en déplaise à Bill, c'est parfaitement la preuve qu'il n'était pas une pièce maîtresse de Sabbath. Peut-être que le furieux des RATM s'est tellement imprégné du jeu de Wilk que ça ne pouvait pas sonner autrement. En tout cas, les parties de batterie sont surprenantes de justesse et d'esprit. Là aussi, on se croirait revenu en 1970.

Avec un total de 8 pistes et de 53 minutes, on est à peu près dans les codes de Black Sabbath, la plupart des albums du groupe comprenant entre 8 et 10 morceaux, pour des durées quasiment similaires. Et c'est peut-être ça le plus fascinant : faire sonner originel cet album qui déboule après 30 ans de hiatus. Jamais je n'aurais pu imaginer un Ozzy en telle forme vocalement, un Tony Iommi aussi combatif, qui aura réussi à enregistrer un album avec un cancer et en affirmant qu'il lui restait pas mal de choses à faire avant de passer la guitare à gauche (au sens propre comme au figuré). 

Le rappel avec la cloche, à la fin de Dear Father laisse cependant présager que la boucle est bouclée et qu'il n'y a qu'à réécouter Black Sabbath pour avoir la suite logique de cet album. Et pourtant, je n'ai pas envie que Black Sabbath s'arrête définitivement après la tournée qui risque d'être monumentale. Et surtout, je n'ai pas envie qu'Ozzy Osbourne reprenne sa carrière solo.

Le plus de cet album, ce sont vraiment les trois pistes bonus, Methademic, Peace of Mind et Pariah, qui ont vraiment une force nouvelle, tout en sonnant, encore une fois, so 70's. Methademic et son angoissante guitare acoustique, renforcée par les prothèses en fer au bout des doigts de Iommi, étant donné le son si particulier, ça ne pas être du plastique. Déboule ensuite cette grosse rythmique soutenue qui nous chope à la gorge, le léger phaser sur la guitare du couplet qui accompagne la voix d'Ozzy rend l'effet encore plus efficace. Mais ce qui capte le plus notre attention, c'est ce basse-batterie supersonique à couper le souffle qui s'accorde tellement bien avec le reste sans que celui-ci ait à changer son tempo.
Peace of Mind sonne stoner, sans surprise cependant, puisque c'est un peu l'évolution logique du son de Black Sabbath, surtout au niveau de l'intro, qui plante dès le départ l'ambiance. L'ambiguïté du titre ne se remarque pas au premier abord, "I'm trying to find some peace of mind", qui peut, à l'écoute, se comprendre comme "paix de l'esprit" ou comme "morceau d'esprit, état mental".
Dernier morceau de l'album, Pariah arrive comme une claque. Comme Alice in Chains, l'une des meilleures idées du siècle. A la première écoute, ce morceau est monumental. Une intro en arpège typique de Iommi découle naturellement sur une grosse rythmique bien groovy. Sur le couplet, la basse domine vraiment tout, et ce, de manière naturelle. "You say that you can read my mind, be careful of what you might find. You think that you can be like me, see waht my eyes see but you are not a friend of mine". Le thème de la folie, toujours. Et ce riff qui groove, c'est juste faramineux.


Depuis le live Reunion, que j'ai écouté en 2010, je m'étais pris à rêver d'une folie : celle que ce Black Sabbath originel se reforme. C'est fait, même très bien fait. Je n'ai pas cité beaucoup de chansons de ce dernier album, et ce, pour une raison très simple : si vous êtes habitué à l'univers Sabbathesque, vous verrez que ces morceaux se passent largement de commentaires, puisqu'ils ont déjà été chroniqués pendant les années 70. L'arpège en triton de Iommi sur End of the Beginning nous renvoie au morceau Black Sabbath. Pour résumer, cet album est un condensé de 10 ans, où les meilleures idées sont extraites. Dire que c'est un best-of serait péjoratif, évidemment, puisque ce n'en est pas. Mais on a vraiment l'impression d'avoir laissé deux, grand maximum trois ans, à Iommi et Butler de composer cet album. Point positif : il n'y a quasiment aucun morceau plus mou, comme ils le faisaient par le passé, comme Changes sur le Vol.4. Il y a peut-être juste Loner qui est plus faible, et encore, au vu de l'ensemble, il ne l'est pas tellement. 

Un très bon album, donc, qui ne laisse pas ce goût d'inachevé qu'il peut y avoir sur les albums de groupe qui se reforment pour s'endormir sur un paquet de blé, parce que tout le monde le sait, l'ancien, ça fait vendre. Ici, il y a vraiment une reformation pour la musique, pour les fans, pour être ensemble. Cependant, un album qui se repose sur la notoriété de son line-up et la légende qui l'entoure, qui fait qu'il n'y a plus vraiment le dynamisme du Black Sabbath 70's comme cela a pu être sur le légendaire Paranoid. La seule faiblesse de cet album est sans doute là, et c'est dommage, les trois morceaux bonus apportent cette fraîcheur et cet élan qui manque sur l'album.

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Published by Hannibal - dans Chroniques
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